La surveillance du fonctionnement des casinos est assurée en premier lieu par des ressources humaines. C’est le service central des courses et des jeux – branche de la direction générale de la Police Judiciaire – qui assure le contrôle et la surveillance des casinos. Comportements du personnel et des joueurs, respect de la réglementation… sont scrupuleusement inspectés par 75 spécialistes basés à Paris et 180 fonctionnaires en province. Des mesures de surveillance déterminées par l’autorisation ministérielle d’exploitation.
La marche à suivre au niveau de la sécurité est très stricte et rigoureuse pour chaque casino en France. Ainsi, le personnel des casinos est minutieusement recruté. Et c’est le ministère de l’Intérieur qui procède à l’examen de chaque employé, du directeur jusqu’à la femme de ménage en passant par le croupier. Quand le directeur s’absente, il doit prévenir la direction des courses et des jeux et désigner la personne qui occupera ses fonctions le temps de son absence. D’ailleurs, les fonctionnaires du service central des courses et jeux procèdent plusieurs fois par semaine à des visites impromptues, qui sont systématiquement suivies d’un rapport destiné au ministère de l’Intérieur.
Contrôle des jeux : une obligation
Les machines à sous sont surveillées indépendamment. C’est une (il y en a quatre) Société de fonctionnement et de maintenance (SFM), agréée par le ministère de l’Intérieur, qui envoie tous les quatre mois des techniciens pour contrôler le bon fonctionnement des slots machines. D’ailleurs, les programmes informatiques qui déterminent le comportement aléatoire des machines sont mis sous scellés, et seuls les RG et la SFM peuvent y accéder. Ces techniciens sont les seuls à pouvoir réparer les machines et, éventuellement, à modifier le taux de redistribution (rapport entre les sommes redistribuées par un jeu et les sommes misées) qui en France, est au minimum légal de 85 %. En jouant un grand nombre de fois, on perd donc 15 % de ses mises.
Aux côtés des ressources humaines, des outils techniques sont également exploités pour améliorer cette surveillance. Tout se passe dans la salle de surveillance, spécifique à chaque casino, même si toutes les salles ont un point commun : elles possèdent un mur entier de moniteurs qui scrutent (image et son) les salles de machines à sous, les tables de black-jack et de roulette, les caisses, la salle des coffres… ainsi que de l’ensemble des joueurs. Rappelons que le contrôle de tous les jeux est une obligation à partir du moment où le casino exploite plus de 50 machines à sous. Ce contrôle s’opère sur les jeux à l’aide d’une caméra de vidéoprotection qui supervise chaque table (ou chaque bac de machine). Concernant les caméras sur les tables de jeux, elles sont équipées d’un système audio. En cas de contestation sur la validité d’un jeu ou sur la propriété d’un gain entre les joueurs, les bandes servent alors de témoin. Le joueur concerné, en cas de désaccord, a le droit de visualiser la portion de vidéo qui le concerne. Ces bandes sont conservées une semaine avant d’être détruites.
Un logiciel de reconnaissance des visages
Tous les recoins d’un casino sont donc filmés. Ces caméras sont les principaux dispositifs de sécurité interne du casino. Elles peuvent s’incliner, effectuer un zoom avant ou même avoir une vue panoramique de la salle. Première ligne de défense des casinos, elles ne surveillent pas seulement les échanges de cartes ou de monnaies, elles analysent aussi, et surtout, les comportements suspects de certains joueurs. Elles enregistrent ainsi 24 h/24 et 7 j/7 ce qui se passe en temps réel. Certaines caméras sont même équipées d’un logiciel de reconnaissance des visages, nommé “Biometrica”, qui compare le visage des joueurs suspects à une base de données contenant des informations sur les individus déjà fichés. Cependant, la reconnaissance de quelqu’un de suspect doit toujours se faire au final par un employé formé pour cette tâche.
Lire, sur le même sujet, l'interview de
Jean-François Cot , Délégué général de casinos de France.