15/10/2009 2444 vues
Prévention situationnelle - Technoprotection
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Claude Guéant relance la question de l’armement des policiers municipauxLe 16 juin, le député-maire UMP de Nice, Christian Estrosi, premier maire à avoir armé ses policiers municipaux, a organisé dans sa ville les premières Rencontres nationales de la Police Municipale. Un rendez-vous attendu, présidé par le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant.
Pour l’occasion, des dizaines d’élus de tous bords politiques, accompagnés de leurs chefs de police locaux, ont assisté à cet événement. La plus haute hiérarchie de la Police Nationale et de la Gendarmerie était également présente. Claude Guéant a profité de cette réunion de choix pour s’engager à subventionner l’achat de gilets pare-balles pour les policiers armés sans toutefois les rendre obligatoire. Mais “le premier flic de France” a surtout déclaré que le troisième pilier de la sécurité publique, à savoir les policiers municipaux, de plus en plus exposées dans leurs actions quotidiennes, pourraient bientôt être armés.
A l’heure actuelle, 1 policier municipal sur 4 est armé Aujourd’hui, 5 000 policiers municipaux sur les quelque 20 000 recensés en France portent une arme, la décision finale restant à la seule appréciation de chaque maire. L’idée lancée par Claude Guéant est d’inverser la règle : le pistolet à la ceinture deviendrait alors la règle et le désarmement des policiers municipaux l’exception. Les maires réticents devraient alors demander une dérogation au Préfet afin de désarmer leur Police Municipale. Une décision difficile à assumer publiquement, notamment auprès des citoyens des villes où la délinquance est omniprésente et grandissante. Pur sa part, le Syndicat national des policiers municipaux revendique cette perspective. Dans un courrier adressé au président de l’Association des maires de France (AMF), cette organisation réclame que la dotation individuelle en matière de gilet pare-balles soit obligatoire et que l’armement en 4e catégorie (armes de poing) des agents soit la règle. Le port d’une arme de 4e catégorie n’est autorisé qu’à titre dérogatoire Actuellement, le port d’une arme de 4e catégorie par des policiers municipaux n’est autorisé qu’à titre dérogatoire. Et le 10 mars dernier, le Conseil constitutionnel a même censuré deux articles de la Loppsi 2 qui auraient étendu les pouvoirs de police de ces agents municipaux : le premier leur aurait permis de procéder à des contrôles d’identité en l’absence de toute infraction constatée ; le second aurait donné aux patrons des polices municipales des pouvoirs judiciaires identiques à ceux des gardiens de la paix. Des mesures que les syndicats de policiers nationaux rejettent catégoriquement. Selon eux, les policiers municipaux ont davantage vocation à mener des actions relatives à la circulation routière, au stationnement qu’à traiter du judiciaire. Pas une affaire de couleur politique Face aux divisions des maires sur la question, la situation actuelle ne devrait a priori pas changer pour l’instant. Et cette question sensible n’est pas forcément affaire d’étiquette politique. A Marseille, par exemple, le maire UMP Jean-Claude Gaudin s’est toujours opposé à ce que ses agents municipaux soient équipés d’armes de poing même si la cité phocéenne doit faire face à une nette dégradation du climat sécuritaire. Egalement, à Dijon, les policiers municipaux ne sont pas équipés d’armes de poing et le socialiste Alain Millot, adjoint au maire et en charge de la tranquillité publique, reste farouchement opposé à cette idée. A l’inverse, le socialiste Manuel Valls a armé la police municipale d’Evry depuis longtemps. Et, à Toulouse, le député-maire socialiste, Pierre Cohen, a équipé sa Police Municipale d’un pistolet de 17 h 30 à 1 heure du matin. Vers la pleine intégration des Polices Municipales dans la chaîne de sécurité nationale La question sensible de l’armement n’est qu’une interrogation parmi d’autres, car Claude Guéant a également profité de son déplacement pour exposer un ensemble de mesures destinées à étendre les pouvoirs de police des policiers municipaux après la récente décision du Conseil constitutionnel qui a singulièrement réduit le champ d’intervention des agents communaux. Tout sera étudié, depuis la formation de ces agents jusqu’à leur relation de travail avec les forces de sécurité nationale. Mais jusqu’où l’Etat pourra-t-il aller pour intégrer pleinement les Polices Municipales dans la chaîne de sécurité nationale ? Le 16 juin, Claude Guéant a promis des avancées sociales et statutaires. Ce signe fort de reconnaissance était d’autant plus attendu que la Police Nationale, en perte d’effectifs, a besoin de policiers municipaux pour la seconder. Dimanche 19 Juin 2011
Virginie CADIEU
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