18/04/2011 3256 vues
Prévention situationnelle - Technoprotection
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Collectivités - "Ce qui caractérise notre CSU c’est son interactivité" déclare Luc Strehaiano, Président de la CavamVéritable forteresse, le centre de surveillance urbain de la Cavam, situé sur un terrain appartenant à l’État puisque dans l’enceinte du commissariat de police de Montmorency, est le premier dispositif en France qui a permis, dès 2007, une interactivité et une réelle efficacité, grâce au lien étroit quotidien avec la police nationale.Un système biométrique, validé par la CNIL, permet l'accès au CSU
Seules les empreintes digitales des 14 vidéosurveillants, du directeur du CSU, du chargé de mission prévention et sécurité et du directeur général des services de la Cavam, ainsi que celles des commissaires de police et de commandants de police sont identifiées et reconnues par le système biométrique. Une fois la première porte passée, les personnes invitées sont accueillies dans un sas d’entrée et remplissent une fiche, déclarant leur venue. Une deuxième porte, dotée du même contrôle biométrique, validé par la CNIL, permet enfin de pénétrer dans le CSU. Ce contrôle d'accès est hiérarchisé, certaines salles n'étant pas accessibles à l’ensemble des personnes habilitées à pénétrer dans le CSU. Ainsi, seuls les officiers de police judiciaire et magistrats chargés de l’enquête, le directeur du centre et les chefs de quart ont accès à la salle de relecture.
La salle de relecture
Le magistrat ou l’officier de police judiciaire va pouvoir visionner les séquences qui l’intéressent dans cette salle de relecture. Des films ou images sont gravés "périodiquement et de manière assez soutenue". "Les images sont gravées et mises à la disposition de la justice. Nous sommes passés de 80 la première année à 116 en 2009 et probablement à 150 avant la fin de l’année" précise Luc Strehaiano, Président de la Cavam.
Le Président de la Cavam détaille alors la procédure : Suite à un acte de délinquance, l’officier de police judiciaire chargé de l’enquête s’adresse au CSU pour visionner, avec l’aide d’un opérateur, les films et images pouvant l’intéresser. On peut passer parfois plusieurs heures pour retrouver les différentes images permettant de confondre un auteur ou de comprendre le mécanisme employé. A partir du moment où l’officier de police judiciaire chargé de l’enquête trouve que les images sont pertinentes et vont lui permettre d’avancer dans son enquête, celui-ci demande à ce qu’elles soient fixées, pour qu’il puisse les emporter. Elles sont alors conservées sans limite de durée - les images ordinairement filmées par nos 103 caméras installées sur la voie publique sont, quant à elles, détruites au bout de 14 jours. La police, la gendarmerie et les magistrats ont donc deux semaines pour se retourner entre la commission des faits et le début de l’investigation. Lorsque des éléments suspects sont détectés par des opérateurs, ils ont tout de même la possibilité de conserver les images suivant une fréquence de 25 images par seconde alors que le stockage ordinaire est de 8 images par seconde. Ces images sont donc emportées sur une disquette ; le système est bien évidemment crypté, c'est-à-dire que si l’intéressé perd la disquette, une autre personne ne peut la lire, car elle doit détenir le procédé de décodage." Retour sur investissement
Le CSU coûte cher, puisque 70 000 euros sont consacrés au contrat de maintenance annuel. A cela s'ajoutent les rémunérations, les formations.....
A la question quel retour sur investissement, le Président de la Cavam répond: "Le premier retour est la tranquillité publique [...]. Mais nous avons aussi un gain sur les accidents de voie publique sans auteurs identifiés. [...] La diminution conséquente du nombre de sinistres sans tiers identifiés sur la voie publique nous a permis de négocier un rabais avec nos assureurs. Enfin, rappelons que les frais dus aux tagages sont passés de 250 000 € à 80 000 € depuis 2007." Le CSU et son éthique...
Luc Strehaiano tient à souligner qu'aucune image prise par les 103 caméras ne peut sortir du CSU (en dehors des disquettes emportées par les officiers de police judiciaire et les magistrats) . Pour s'en assurer, les opérateurs ne peuvent avoir de téléphone portable sur eux. Question éthique, rien ne semble avoir été omis : réglement intérieur, charte, comité d'éthique
Le CSU fonctionne en continu, 24 heures/24, 365 jours par an " il n’y a pas eu une seconde d’interruption du fonctionnement de ce centre depuis le 1er février 2007", affirme le Président de la Cavam. Au minimum deux opérateurs sont aux commandes : 44 écrans pour 103 caméras. Un logiciel permet de faire défiler les images des différentes caméras," mais l’opérateur peut prendre la main à tout moment pour privilégier une caméra". Pendant le temps qui lui est nécessaire, il peut observer une situation précise, via une caméra. "S’il s’agit d’un véhicule suspect, l’opérateur peut alors la suivre en prenant en main d’autres caméras situées sur l’itinéraire." Les opérateurs
Les opérateurs sont des agents publics de la fonction territoriale recrutés à la fin de l’année 2006, ayant reçu à l'époque une formation "élaborée par la CAVAM", de 160 heures,comprenant 6 modules différents. " Ils ont pu comprendre que le métier de vidéosurveillant exige une grande confidentialité et un devoir de réserve très important. Nous avons essayé de leur faire comprendre qu’ils étaient un des maillons de la chaine sécuritaire. La vidéoprotection à elle seule ne peut rien faire, mais c’est un outil qui, associé à d’autres, permet d’assurer la tranquillité des habitantes et des habitants".
Les opérateurs bénéficient également de cycles de formations permanentes, "de façon à se tenir informés des nouveaux textes législatifs" . Ces opérateurs sont en poste 8 heures 30 par jour, obtenant des pauses de 20 mn toutes les quatre heures. "Ce qui caractérise notre CSU c’est son interactivité"
"Les postes téléphoniques du CSU sont directement reliés aux trois commissariats, avec un renvoi d’images - et la possibilité pour les policiers du commissariat de piloter les caméras- ainsi que vers les 8 postes de police municipale des 8 communes de la CAVAM, avec un renvoi d’images mais pas de possibilité pour les policiers municipaux de piloter les caméras."
Cette interactivité, selon Luc Strehaiano, est vraiment la clé de la réussite d'un tel dispositif, car, répète -t-il , "l'efficacité et la rapidité d’action est un des éléments de la réussite du dispositif. Si nous avions eu une police nationale qui ne souhaitait pas uitliser l’outil nous n’aurions pas obtenu ces résultats." Aujourd'hui, selon Luc Strehaiano, 95% des interventions de la police nationale, sur les 12 derniers mois, ont été réalisées dans les 7 minutes, sur signalement d’un des agents vidéosurveillants. Partenariat avec les bailleurs sociaux pour la mise en œuvre d’un dispositif pilote de vidéosurveillance
Un partenariat avec les bailleurs sociaux pour la mise en œuvre d’un dispositif pilote de vidéosurveillance à l’intérieur des parties communes , c'est-à-dire parkings, cages d’escaliers, ascenseurs et toitures est en cours de réflexion. "Nous nous dirigeons vers une réalisation probablement pilote d’ici la fin de l’année sur un petit périmètre . Nous souhaitons tout d’abord tester l’opération [...] Nous allons donc probablement l’expérimenter sur toute l’année 2011 sur 50 logements sociaux. Nous en tirerons les enseignements et nous verrons si ceci vaut le "coup/coût", de prolonger l’expérimentaiton et de la généraliser en équipant l’ensemble du parc social de la Cavam."
A terme, ce seront 10 000 logements sociaux, sur le territoire de la Cavam, qui pourraient bénéficier de ce dispositif, "destiné à améliorer la tranquillité des résidents". Pour regarder l'intégralité de l'interview, cliquez sur la vidéo Mardi 30 Mars 2010
Virginie Cadieu
Virginie Cadieu
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