Coopération entre le ministère de l'Intérieur et celui de l'Education nationale pour lutter contre les violences à l'école
Luc Chatel et Brice Hortefeux ont présenté le plan d'action visant à la sécurisation des écoles, collèges et lycées, le mercredi 23 septembre 2009. Prévenir les situations de violence, former les personnels et organiser les conditions d'intervention en sont les principaux axes. Le ministre de l'Éducation nationale, porte-parole du Gouvernement et le ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des Collectivités territoriales ont formalisé leur action commune à travers la signature d'une circulaire et d'une convention spécifiques.
Chiffres et constats
Même si Luc Chatel, ministre de l'Education nationale, annonce un "tassement des incidents graves déclarés à l'école" sur l'année 2008-2009 (10,5 incidents graves pour 1000 élèves pour l'année scolaire 2008-2009, contre 11,6 pour mille l'année précédente), il ajoute que les atteintes aux personnes représentent toujours 81% des faits de violence recensés et constate une hausse des atteintes à la sécurité des établissements, ce taux étant passé de 3,8% à 6,3% en un an. Plus inquiétant encore, le pourcentage du port d'arme blanche est passé de 1,2% à 2,2% au cours de la même période.
Force est donc de constater, au cours de ces dernières années, une augmentation des intrusions en bandes organisées, un accroissement d'agressions violentes à l'égard des personnels de l'Education nationale et des élèves, mais plus grave : une intensification d'utilisation d'armes aux abords des établissements scolaires, voire dans l'enceinte même des écoles.
Luc Chatel, tout comme Brice Hortefeux, s'accordent donc à vouloir tout mettre en oeuvre pour "combattre la violence à l'école"; le ministre de l'Intérieur rappelant que sa mission est d'assurer la sécurité, faire baisser durablement la délinquance et protéger les victimes. "Cela passe par une lutte contre toutes les formes de violence, qu'elles se déroulent en zone urbaine comme en zone rurale, à proximité des établissements scolaires ou dans leur enceinte." Brice Hortefeux , tout comme Luc Chatel, souligne alors le fait qu'il existe "de plus en plus de problèmes dans les collèges et lycées...", comme la drogue, le racket, mais aussi le port illégal d'arme "dans certains cas, heureusement rares".
Réalisation d'une circulaire pour mieux prévenir mais aussi intervenir si nécessaire...
Brice Hortefeux, lors de son allocution, a tenu à rappeler les propos du chef de l'Etat, le 18 mars dernier à Gagny, "La violence envers les professeurs et les élèves a un caractère particulièrement intolérable. (...) Il faut réfléchir aux moyens de sanctuariser l'enceinte scolaire face aux phénomènes de violences ou de bandes". Brice Hortefeux, ajoutant que "la tranquillité des établissements scolaires est une condition fondamentale de l'égalité des chances sur laquelle repose notre République", a cité les trois exigences anoncées par le Chef de l'Etat à l'époque, à savoir "procéder au repérage des établissements les plus touchés par ces phénomènes, réaliser sur cette base des diagnostics de sécurité, systématiser le dispositif de policiers référents dans l'ensemble des établissements."
Evoquant dans un premier temps la circulaire interministérielle de prévention et de lutte contre la violence en milieu scolaire d'août 2006 qui aurait permis, selon lui, deux avancées, à savoir :
- la désignation de 1058 "correspondants sécurité -écoles(police et/ou gendarmerie) en date du 1er septembre dernier, "interlocuteurs privilégiés du Chef d'établissement, chargés de prévenir les situations de tensions et de violence et de proposer, le cas échéant, un plan d'actions adapté à la menace"
- l'élaboration de 1881 diagnostics de sécurité partagés dans les établissements les plus exposés aux risques de violence.*
Brice Hortefeux a alors annoncé que cette nouvelle circulaire allait permettre d'instaurer un dispositif plus efficace car "mieux adapté à l'environnement scolaire et au secteur d'implantation des établissements."
Selon le ministre de l'Intérieur, cette circulaire aboutira à l'accomplissement de quatre avancées :
- la généralisation des diagnostics de sécurité à l'ensemble des établissements scolaires d'ici à la fin de l'année 2010, avec une mise en oeuvre pour les établissements les plus exposés aux risques d'intrusions dès cette année scolaire. Luc Chatel a alors annoncé qu'à la date du 1er septembre, plus de 1800 diagnostics avaient déjà été effectués.
- la désignation de correspondants sécurité-écoles pour tous les établissements du second degré, "voire si cela s'avère nécessaire pour certains établissements du 1er degré", a ajouté Brice Hortefeux.
- l'organisation d'opérations de sécurisation aux abords des établissements et au sein des moyens de transports collectifs, en coordination avec l'action conduite par la police municipale et en complément de celle menée par les équipes mobiles de sécurité constituées au sein des académies.
- la mise en place d'un suivi de délinquance
* Brice Hortefeux a alors rappelé qu'un guide méthodologique existe et a été mis en ligne sur le site Internet du ministère de l'Education dans le but d'aider à la réalisation de cette étude. Vous pouvez télécharger ce guide ci-dessous
A quoi servent les diagnostics de sécurité?
Luc Chatel a souhaité expliquer l'utilité de ces diagnostics. Selon lui, ils servent à organiser une réponse adaptée à chaque établissement, allant de la réalisation de simples travaux d'aménagement à la mise en place de portiques de détection, en passant par des sas de sécurité et la vidéoprotection...
Cependant, Luc Chatel a tenu à rappeler que ces mesures doivent être prises au sein du Conseil d'administration des établissements, la communauté éducative étant alors responsable de sa réponse face à la violence.
Convention de partenariat pour la mise en place d'une véritable formation.....
Brice Hortefeux a expliqué que cette convention de partenariat, établie entre l'école supérieure de l'éducation nationale (esen) et l'Institut National des Hautes Etudes de Sécurité (INHES) permettrait la mise en oeuvre d'un programme de formations aux questions de sécurité et à destination des personnels d'encadrement de l'éducation nationale.
Les formations à l'exercice de l'autorité en situation de crise seront donc assurées par l'Esen et l'INHES (personnels des établissements les plus exposés, formateurs académiques, responsables des équipes mobiles de sécurité).
Les formations à la sécurisation des établissements seront assurées dans les académies (14 000 personnels de direction dans le cadre de la formation continue, information des policiers et gendarmes référents).
Nomination du premier conseiller-sécurité
Enfin, le ministre de l'Intérieur a annoncé la nomination d'un nouvel acteur en matière de sécurité: le conseiller sécurité auprès d'un recteur d'académie. Le commissaire de police Monsieur Hervé LUXEMBOURGER, chef de la circonscription publique de Saint-Ouen, va ainsi être détaché dans les prochains jours auprès du rectorat de Créteil. Il travaillera avec les équipes mobiles de sécurité pour, à la fois, prévenir les violences et apaiser les tensions.
http://www.education.gouv.fr/cid49033/securisation-des-etablissements-scolaires.html
guide_diagnostic_securite.pdf
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Securisation-des-etablissements-scolaires-circulaire_119430.pdf
(30.52 Ko)
Vendredi 25 Septembre 2009
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