Entretien avec Philippe de Lagune - Un livret de prévention destiné aux maires

La mesure 22 du Plan National de Prévention de la Délinquance et d’Aide aux Victimes du 2 octobre 2009 prévoyait l’élaboration d’une Charte déontologique. Celle-ci a été rédigée et rendue publique le 16 juin dernier.
Le préfet et Secrétaire Général du Comité Interministériel de Prévention de la Délinquance (CIPD), Philippe de Lagune, revient sur l’écriture de ce document…





Entretien avec Philippe de Lagune - Un livret de prévention destiné aux maires
Pour quelles raisons la mesure 22 du Plan National de Prévention de la Délinquance et d’Aide aux Victimes prévoyant «l’élaboration d’une charte déontologique type» s’est-elle imposée au moment de la rédaction de ce dernier ?

Le cœur de la prévention consiste à intervenir le plus en amont possible sur les situations individuelles ou familiales difficiles qui, si l’on ne fait rien, peuvent conduire à la délinquance.
Pour pouvoir intervenir en amont, il faut que les informations sur ces situations parvenues aux différents intervenants puissent être partagées.
Tel est l’enjeu du partage de l’information.
Dans un grand nombre de situations que j’ai rencontrées lors de mes déplacements sur le terrain, ce partage d’informations est réalisé sans problème.
Dans d’autres situations, ce partage est plus difficile notamment du fait des réserves de professionnels de l’action sociale.
Pour que ces réserves puissent être levées partout, le plan prévoit la réalisation d’une charte déontologique type, en concertation avec l’instance la plus élevée du monde du travail social, le Conseil supérieur du travail social.

Cette charte avait clairement deux objectifs :
- d’une part, de fixer de manière très rigoureuse le cadre juridique de ces échanges ;
- d’autre part, donner aux professionnels de l’action sociale toutes les garanties déontologiques nécessaires.
C’est ce qui a été fait.




Comment s’est déroulée cette rédaction ?

Comme le prévoyait le plan, dans un premier temps, j’ai organisé une concertation avec tous les ministères concernés, notamment le ministère de la justice, pour parvenir à un texte de base recueillant l’accord de ces ministères.
J’ai ensuite pris contact avec la Commission « Ethique et Déontologie » du Conseil supérieur du travail social.
Nous avons fait ensemble, dans un excellent climat, un travail très pointu, notamment sur le plan juridique.
Nous avons pris le temps nécessaire pour ces échanges qui ont duré 6 mois.
Enfin, le 25 mai 2010, lors d’une réunion de la Commission « Ethique et Déontologie » à laquelle j’ai participé, cette Commission a donné son accord sur ce texte.
Nous sommes même allés plus loin puisque la Commission « Ethique et Déontologie » a bien voulu faire connaitre publiquement son accord.




Comment faire de la pédagogie pour que cette charte s’applique ?

Je souligne tout d’abord que nous avons choisi de faire une charte plutôt qu’une circulaire car une charte suppose l’engagement de tous les participants qui après s’être approprié le document marquent ensuite leur accord en la signant.
Nous sommes maintenant dans le temps de la pédagogie et de l’accompagnement.
Au cours de chacun de mes déplacements, j’explique les raisons de la création de cette charte, les modalités selon lesquelles elle a été rédigée et j’encourage les élus à la mettre en œuvre, en la déclinant localement.
L’équipe des chargés de mission du Comité Interministériel de Prévention de la Délinquance les conseille utilement et les accompagne pour adapter si nécessaire la charte type aux besoins locaux.




Quelle est la place de la vidéo protection dans les prochaines années ?


L’objectif fixé par le ministre de l’Intérieur et rappelé par le Président de la République est de disposer de 60 000 appareils de vidéo protection d’ici fin 2011. Le Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) est mobilisé en ce sens. En termes de sécurité et de tranquillité publique, la loi de mars 2007, la mise en place de la police municipale, le développement de la vidéo protection ont engendré des résultats positifs et durables sur les chiffres de la délinquance.





D’autres travaux sont-ils en cours ?

La loi du 5 mars 2007 sur la prévention de la délinquance a encore besoin d'être expliquée. Le Plan National de Prévention de la Délinquance et d’Aide aux Victimes du 2 octobre 2009 a permis de la rendre plus accessible.
Mon travail se concentre actuellement sur l’accompagnement des maires. Je mets à leur disposition un certain nombre d’outils, comme le « livret de prévention du maire » pour les aider à passer dans une phase active de développement des instances de prévention.
Le “Livret prévention du maire” qui inclut la Charte déontologique et un certain nombre de fiches pratiques très détaillées, transcrites en langage clair, sur les points qui appellent des questions, recense l’ensemble des outils qui sont à la disposition des maires et qui leur permettent de mettre en place des politiques globales de prévention.
Il fait actuellement l’objet d’une large diffusion.
Ce livret répond à un véritable besoin pédagogique. Il est directement consultable sur le site du Secrétariat général du Comité Interministériel de Prévention de la Délinquance.


Mardi 21 Septembre 2010
Virginie Cadieu



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