La Rochelle (17) : la vidéoprotection arrive sur le vieux port

Projet médité depuis plusieurs années par le Maître de Port, Patrice Bernier, un dispositif de vidéoprotection devrait être opérationnel d’ici quelques semaines, pour une meilleure prévention à la fois du bassin des chalutiers, du plateau nautique et du Vieux Port.



La Rochelle (17) : la vidéoprotection arrive sur le vieux port

Un dispositif souhaité depuis plus de quatre ans

La Rochelle (17) : la vidéoprotection arrive sur le vieux port
Selon Patrice Bernier, la réflexion a démarré le 17 mars 2007 «nous avions déjà quelques caméras, à l’époque, mais uniquement sur des points considérés comme très sensibles, à savoir la station de ravitaillement en carburant ainsi que des grues électriques en Self-service. » Or, ce jour là, l'«Océane IV», vedette des Inter-Iles, se retrouve coincée entre les deux tours du Vieux Port, suite à un largage de ses amarres durant la nuit, causant de lourds dégâts à ce navire et la colère des élus, des marins et des Rochelais. « Nous avons donc aussitôt décidé d’accentuer la surveillance autour du vieux port, une simple présence humaine ne suffisant pas. »
Thomas Anso, d’ACT Service, société rochelaise fournissant le matériel informatique, explique alors que de nombreuses dégradations sont souvent à déplorer, surtout le jeudi soir, jour des soirées étudiantes, parfois un peu trop alcoolisées, entraînant régulièrement des largages de bateaux, mais aussi des incendies sur ces navires, voire des agressions de gardiens. Et c’est la raison pour laquelle, le jeudi soir, des renforts de personnels, comme des maîtres-chiens, sont appelés à certains endroits plus sensibles. « Si je m’arrête à 2011, un catamaran est parti en fumée, de nombreux vols de pontons démontés ont été constatés. Le 8 aout dernier, un bateau de plaisancier a été largué de son ponton et a échoué sur le quai ; le 14 octobre, c'est une vedette qui a coulé… »
Et Thomas Anso d’ajouter « Durant les Francofolies, festival intramuros, de nombreuses bagarres nécessitent une surveillance plus accrue, des personnes tombant régulièrement à l’eau, par exemple. D’autre part, il ne faut pas oublier que le simple fait de jeter une cigarette sur un bateau peut suffire à démarrer un incendie. Il y a donc une très forte demande de la part des plaisanciers, qui ont tout de suite très bien accueilli le projet. »
Ainsi, selon le Maître de Port, le dossier comportant le projet de vidéoprotection était déjà créé en 2009. « Malheureusement, nous avons dû faire face, entre-temps, à la tempête Xynthia, en 2010. En gérant cette nouvelle priorité, le dossier a été retardé d’un an et demi.»

Dans quelques semaines, un dispositif flambant neuf

La Rochelle (17) : la vidéoprotection arrive sur le vieux port
25 caméras vont donc être mises en place pour surveiller le vieux port, « sur les 3 bassins du vieux port et le plateau nautique », soit 19 fixes et 6 mobiles, qui permettront, de jour comme de nuit, de renforcer ainsi la surveillance déjà réalisée par seulement deux gardiens, 24h/24 et 7j/7, (avec l’appui d’un éclusier, la nuit, pendant quelques heures).
Une partie de l’installation a déjà été mise en place, pour une mise en service complète courant décembre « sous réserve de quelques petites autorisations encore en suspens, tient à préciser Patrice Bernier, car si dans ce type de dossiers, il y a les autorisations classiques qui passent par la préfecture, n’oublions pas que le vieux port de la Rochelle est un site classé, donc soumis à d’autres autorisations délivrées par les bâtiments de France, d’une part, et par Phare et Balise d’autre part, organisme d’état qui gère le balisage en mer mais aussi à terre. ». Le Maitre du Port souhaiterait, en effet, utiliser certains phares comme support « Ce sont des points hauts parfaitement bien placés pour cette surveillance. Nous avons donc pour projet d’installer des caméras sur des feux d’alignement, situés à 20 mètres du sol, en plein centre ville, dans l’objectif d’obtenir des plans d’ensemble. » Et, pour rassurer tout de suite les Rochelais, Patrice Bernier tient à souligner que ce n’est en aucun cas pour identifier des personnes. « Ces caméras vont permettre au gardien, resté à la capitainerie pour accueillir les plaisanciers, de pouvoir effectuer des rondes virtuelles ; le 2e gardien réalisant des rondes sur le terrain, soit sur 50 ha, en permanence. L’intérêt de ce dispositif est donc de pouvoir se déplacer virtuellement sur les plans d’eau et vérifier qu’aucun bateau n’est entrain de brûler, de couler, que des amarres n’ont pas été larguées, etc.

Thomas Anso, d’ACT Service
Thomas Anso, d’ACT Service
La stratégie adoptée
Concernant l’emplacement de ces caméras : deux principes ont été retenus, le premier concernant la surveillance de tout ce qui est à flot et le 2e visant ce qui est à terre. «Nous avons prévu de placer une caméra fixe par passerelle d’accès au ponton ; la caméra ne bouge pas et ne fait qu’observer les personnes qui entrent et qui sortent par cette passerelle d’accès au ponton ». Les caméras mobiles servent à compléter le champ de vision des fixes « les fixes visualisent très peu les bateaux, finalement, puisqu’on vise la passerelle. C’est donc à ce niveau qu’interviennent les mobiles. Ainsi, entre les deux tours de la Rochelle, nous avons deux caméras mobiles sur des points hauts […] Les dômes permettent donc de visionner l’ensemble du domaine portuaire. » Concernant le plateau nautique, seules trois caméras mobiles sont prévues, à ce jour.



La technologie choisie
D’un point de vue technologique, deux options possibles. La première, qui n’a pas été retenue, consistait à installer un réseau Wimax dédié.
La deuxième, plus économique, repose sur le réseau Wifi déjà existant, qui relie le vieux port au port des Minimes pour alimenter l’ensemble des 3 500 bateaux. Le Wifi étant sécurisé, une partie de ce réseau va être utilisée pour les caméras, même si chaque caméra doit être équipée d’un nouvel émetteur Wifi. En termes de débit, « dans le cadre d’une situation provisoire, insiste bien Patrice Bernier, le Wifi serait suffisant. Le temps de vraiment terminer les essais, pouvoir procéder à quelques changements stratégiques... « Mais on sait déjà que le réseau sera vite saturé, notamment en pleine saison. Quand on va avoir besoin de zoomer sur des sites, on va rapidement s’apercevoir d’une période de latence plus ou moins longue entre l’ordre donné et l’ordre reçu par la caméra, ainsi que pour le retour de l’image à la capitainerie, avec des images quelque peu saccadées, du fait d’un débit extrêmement faible… »
Cette situation provisoire ne devrait donc pas durer plus d’un an, selon le Maître de Port, qui espère bien, courant 2012, étendre ce réseau et surtout augmenter ce débit « D’ici là, nous aurons eu la réponse du ministère pour une éventuelle aide via l’enveloppe du Fonds interministériel pour la prévention de la délinquance (FIPD)… », précise t’il. Car si le choix s’est porté sur cette première solution, c’est avant tout pour des raisons budgétaires. A ce jour, le coût du projet est évalué à 50 000 euros et, si des demandes de subventions ont été réalisées, notamment auprès du ministère, la facture est entièrement prise en charge, pour l’instant, par le port autonome de la Rochelle.



Projet privé ou relevant du domaine public ?
En dehors d’une potentielle subvention émanant du FIPD, ni le Conseil général, ni la ville ne semblent vouloir contribuer à ce projet financièrement. Rappelons que la Rochelle n’a pas de dispositif de vidéoprotection, malgré une forte demande des commerçants.
Pourtant, quand on regarde d’un peu plus près, on ne peut que constater que ce projet ne relève pas que du domaine privé. Comme le souligne Patrice Bernier, « si les espaces à flot font partie du domaine privé, l’espace à terre est ouvert au grand public et considéré comme public ». Et c’est pour cette raison que la mairie a eu un droit de regard et a participé à ce projet. « Ce dossier a été très compliqué à mettre en place ; il a demandé plusieurs mois de réunions, d’entretiens… Une personne a été détachée par la préfecture pour travailler avec nous et mettre en place l’appel d’offres, en collaboration avec les services de la ville et plus particulièrement le responsable de la police municipale. Et si la ville ne participe pas financièrement à ce projet, les élus, avec lesquels nous avons d’excellentes relations, y ont été particulièrement sensibles et nous ont aidés à avancer dans ce sens. Par ailleurs, la commune contribue au déploiement en mettant à notre disposition le mobilier urbain qui va nous permettre d’y fixer des caméras, à certains endroits de la ville. De plus, elle va nous fournir de l’électricité pour alimenter les caméras.



Les enregistrements : différents niveaux d’accès
Les caméras fonctionnant 24h/24, tout le personnel du port de plaisance de la Rochelle a accès au visionnage en temps réel. « Les écrans étant sur la banque d’accueil de la capitainerie, tout le personnel peut regarder les images. Pour cette raison, nous avons déclaré tout le personnel du port à la préfecture comme étant habilité à visionner et à regarder les écrans. »
Quant aux gardiens de nuit, ces derniers sont habilités à remonter dans le temps, sur 24 heures, et à regarder ce qui s’est passé durant les heures précédant un incident. « S’ils constatent qu’un bateau est entrain de brûler, ils ont ainsi la possibilité de remonter aussitôt en arrière pour essayer de déterminer les raisons de cet incendie. »
Enfin, le personnel d’encadrement, lorsqu’il est d’astreinte, est autorisé à remonter sur la totalité des 30 jours, notamment lorsque la police demande l’accès aux images.
Car l’enregistrement des images a bien été déterminé en fonction du délai légal de 30 jours. Toutefois, tient à souligner le Maître de Port « si pendant ces 30 jours, on peut mettre à disposition de la police ces images, nous ne pouvons aucunement garantir l’aide que celles-ci pourront leur apporter ! » Et de rappeler alors les limites de ce système qui repose essentiellement sur de l’enregistrement « bien que le gardien présent à la capitainerie ait accès à ces images et peut effectuer, de temps en temps, une ronde virtuelle sur les plans d’eau ou aller voir s’il n’y a pas d’anomalie constatée, il n’aura pas un regard permanent sur ces images car il a aussi une mission de réception des plaisanciers à la capitainerie. Il reçoit donc les plaisanciers, il les enregistre à la capitainerie, mais on n’a pas passé le cap d’avoir du personnel complètement dédié à un visionnage des images ! »





Mercredi 23 Novembre 2011
Virginie CADIEU



Téléchargez les lettres Vidéosurveillance Infos
Virginie Cadieu : J'ai rejoint le groupe Viadeo Cybergardiennage : http://t.co/1HTZvtll
Samedi 19 Mai - 08:08
Virginie Cadieu : videoI | Manuel Valls à la tête du ministère de l’Intérieur: C’est officiel depuis le 16 mai. Jea... | surveillanceI http://t.co/G0ftqh03
Jeudi 17 Mai - 13:04
Virginie Cadieu : Des caméras bientôt installées à Mervillehttp://bit.ly/JKuKMR (via @lavoixdunord)
Mercredi 16 Mai - 10:16
vidéosurveillance, vidéo surveillance, vidéo protection, réglementation, collectivités, caméras, infos, éthique, technologie, biométrie, sécurité, délinquance, vidéo gestion, délinquance, vidéo, surveillance