Vidéosurveillance Infos : Pourquoi réclamez-vous de nouvelles statistiques ?
Jean-Jacques Urvoas : Aujourd’hui, l’outil utilisé, à savoir l’« État 4.001 », n’est qu’un baromètre administratif de l’activité des services de police et de gendarmerie. Chaque fonctionnaire le remplit tous les mois sur la base de son activité. Si un commissariat ferme, par exemple, l’« État 4.001 » sera vide, et on va en déduire qu’il n’y a pas de délinquance dans la ville en question ! Cet outil est donc abusivement présenté comme étant un chiffre de la délinquance. Il faut un observatoire qui base l’essentiel de son analyse sur les enquêtes de victimisation que le CNRS mène depuis une quinzaine d’années et qui sont à mes yeux les seuls outils fiables. Elles sont conduites chaque année, de manière régulière, auprès d’un certain nombre de personnes, et celle que l’OND vient de publier permet de s’apercevoir que seulement 25% des agressions font l’objet d’un dépôt de plainte.
Quel est la position du Parti socialiste sur la vidéosurveillance ?
Elle est pragmatique : le PS aimerait pouvoir disposer d’études scientifiques permettant d’évaluer l’impact positif ou négatif de cet outil qui est présenté de manière unilatérale comme efficace, alors qu’en France nous n’avons pas d’études pour l’attester. Le récent rapport de l’IGA n’apporte rien, selon moi.
De nombreux maires socialistes ont pourtant mis en place des dispositifs de vidéosurveillance...
Nous n’avons pas de tabou ni de dogme sur ce sujet. Certains maires socialistes ont fait placer des caméras sur la voie publique, d’autres y réfléchissent ou en ont installées sans les brancher. C’est un outil dont nous n’attendons pas de merveilles... En tout cas il est important de savoir ce qu’on attend d’une caméra : si le gouvernement présente la vidéosurveillance comme un outil de prévention, il faut nous démontrer cette efficacité! ...
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