C’est l’un des chevaux de bataille du gouvernement, de la Commission nationale de la vidéosurveillance et du Comité de pilotage stratégique pour le développement de la vidéoprotection : la vidéosurveillance doit, selon eux, investir les parties communes des immeubles, et notamment ceux à vocation sociale.
L’une des mesures du plan de prévention de la délinquance présenté par François Fillon en octobre 2009 consiste notamment à « engager des expérimentations visant à mettre en œuvre des systèmes de vidéoprotection partagés permettant une mutualisation, entre bailleurs sociaux, des coûts et de la gestion de ces systèmes ».
Pour l’heure, aucun état des lieux n’existe sur la vidéosurveillance dans le logement social, ni sur le nombre de caméras installées, ni sur leur efficacité. Pierre Quercy, délégué général de l’Union sociale pour l’habitat (USH, organisme qui représente la quasi-totalité des bailleurs sociaux du territoire), estime que la vidéosurveillance dans les halls d’immeubles n’est « pas encore très développée ». Il se montre par ailleurs très prudent quant à son efficacité éventuelle : « On en est à un stade de test, l’évaluation "coûts - avantages" va être menée et nous attendons ses résultats pour faire des recommandations à nos adhérents ».
Pierre Quercy annonce le lancement de cette évaluation d’ici la fin de l’année 2009.
Selon lui, les bailleurs sociaux doivent, quoi qu’il en soit, rester dans leur rôle : « La vidéosurveillance est peut-être un outil complémentaire à d’autres afin d’assurer la tranquillité, et non pas la sécurité qui n’est pas de notre ressort ».
Avec à son actif un grand nombre de projets dans des cités HLM, Guy Conan est directeur des opérations chez TechnoMan, un cabinet-conseil pour l’installation, entre autres, de systèmes de vidéosurveillance. Lui-même s’interroge : « La vidéosurveillance dans les halls, pour quels résultats ? En étant honnête, le nombre de personnes condamnées pour squat de hall est très faible », estime le professionnel.
Selon lui, la vidéo est efficace si elle est installée en concertation avec la mairie et les forces de l’ordre : « Il ne faut pas mettre de la vidéo pour se donner bonne conscience. Il doit y avoir une réaction. Or les images sont souvent enregistrées mais pas toujours visionnées. Et s’il fallait attendre qu’un locataire dénonce une incivilité pour qu’elle soient étudiées… », explique Guy Conan.
Secrétaire général de l’office départemental de l’habitat des Hauts-de-Seine (OPDH 92), Jean-Pierre Clémenceau estime également que le « répondant » est un élément décisif afin que les incivilités diminuent : « Concrètement, si nous voyons sur nos écrans qu’une vitre est cassée, il faut avoir les moyens de la remplacer tout de suite ». Gestionnaire d’un parc de 30.000 logements, l’OPDH 92 a équipé des halls d’immeubles dès 2000, et étend progressivement la vidéosurveillance...
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