Marseille (13) : 1 000 caméras pour la cité phocéenne

Soutenu par le Gouvernement, la mairie de Marseille, dans les Bouches-du-Rhône, projette de grandes ambitions en matière de sécurité avec, comme projet phare, l’extension à grande échelle de la surveillance du centre-ville et du littoral marseillais. 340 caméras devraient être opérationnelles fin 2012, pour un total de 1000 caméras d’ici fin 2013.



Marseille (13) : 1 000 caméras pour la cité phocéenne
A l’heure actuelle, Marseille, deuxième ville de France, est l’une des moins vidéosurveillées du pays. Une tendance qui devrait s’inverser, comme le précise Caroline Pozmentier, adjointe à la sécurité et à la prévention de la délinquance, du sénateur-maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin. “D’ici 2015, quelques 1 000 caméras de vidéosurveillance devraient être installées dans la ville, annonce Caroline Pozmentier. Ce projet devrait se concrétiser dès que possible après adoption par le conseil municipal.”



Un conseil municipal à huis clos
Chose faite depuis le 30 mai dernier. Le sénateur-maire a en effet officialisé le renforcement de la vidéoprotection et de la Police Municipale dans la cité phocéenne, à l’issue d’un conseil municipal à huis clos, en présence du procureur de la République Jacques Dallest, du préfet de région Hugues Parant, ou encore du préfet Jean-Louis Blanchou, responsable de la Mission pour le développement de la vidéoprotection, au ministère de l’Intérieur. Lors de cette réunion informelle, tous les intervenants ont reconnu la nécessité d’un renforcement des moyens, de l’organisation et de la coopération dans la lutte contre la délinquance. Seule ombre au tableau, alors que l’ensemble des élus dʼarrondissement de lʼopposition municipale étaient conviés, la quasi-totalité nʼa pas jugé utile de se rendre à ce rendez-vous, pourtant réclamé avec force depuis des mois. Pour Caroline Pozmentier, ce comportement est dʼautant plus regrettable que cette réunion de travail était destinée, non seulement à informer mais également à unir lʼensemble des élus de proximité dans une démarche constructive pour répondre aux attentes des Marseillais en matière de sécurité.
Au cours de la réunion, le sénateur-maire s’est engagé à déployer 1 000 caméras de vidéoprotection d’ici fin 2 013 dans la ville, dont 340 devraient être opérationnelles fin 2012. Elles viendront compléter les 23 caméras déjà actives depuis 2003. “La vidéoprotection constitue un outil formidable qui permet de constater une infraction, d’identifier les auteurs et de prouver leur participation aux faits”, a précisé le procureur de la République Jacques Dallest.



Un investissement de 10 millions d’euros
L’extension de la vidéoprotection dans la ville représente un investissement de 10 millions d’euros qui sera pris en charge à 50 % par l’Etat. “Si les autres collectivités nous apportent leur soutien financier, nous ajouterons des caméras supplémentaires”, a même ajouté Jean-Claude Gaudin qui a annoncé le démarrage opérationnel du Centre de Supervision urbain (CSU), chargé de traiter les images enregistrées, en octobre 2012. “L’installation des nouvelles caméras de la phase I s’accompagnera de celle d’un centre de supervision et de télésurveillance de pointe qui fonctionnera 24 h sur 24, 365 jours par an, avec une vingtaine d’opérateurs spécialement formés”, déclare Caroline Pozmentier.
Les images suspectes nécessitant une intervention seront transmises directement au PC vidéo de l’Hôtel de Police. Les enregistrements seront conservés 15 jours et pourront être mis à la disposition des enquêteurs sous contrôle judiciaire. Jean-Claude Gaudin a également indiqué qu’un concours serait organisé en septembre afin de recruter d’ici à 2012 quelques 100 policiers municipaux, dont un grand nombre sera affecté au service de la vidéoprotection. Ces 100 nouvelles recrues, dont le coût est évalué à quatre millions d’euros, s’ajouteront aux 243 policiers municipaux actuellement employés à Marseille. “Car il est indispensable de développer le partenariat entre les institutions, que ce soit la police ou la justice, et ce pour une meilleure cohésion sociale dans tous les quartiers de la ville et pour que Marseille devienne la capitale du mieux vivre ensemble”, précise Caroline Pozmentier.




Une volonté commune
La deuxième phase verra l’extension du projet à 1 000 caméras, localisées notamment vers les plages du Prado, le long de la Corniche, voire jusqu’à la Pointe Rouge. Bien loin du centre de supervision et de télésurveillance.
Cette volonté de renforcer la sécurité dans la ville répond tant à une demande du sénateur-maire, Jean-Claude Gaudin qu’à celle des 851 420 Marseillais qui doivent faire face à des actes d’incivilité et de délinquance répétés. En effet, quelques 6 800 actes de violence, dont la moitié sont des vols, ont été recensés entre janvier et avril 2011. Les agressions de rue sont à 50 % le fait de mineurs. Quant aux vols à main armée commis par des criminels plus endurcis, 115 ont été perpétrés durant les quatre premiers mois de 2011. Des faits qui ont rallié l’opinion publique à la vidéoprotection qui constitue, selon les Marseillais, un outil efficace de prévention, de lutte contre la délinquance et d’élucidation des affaires policières.
Dernièrement, le lundi 2 mai, la population et les politiques s’étaient émus de la mort d’un adolescent de 15 ans et demi, tué par un riverain alors qu’il tentait de s’introduire par effraction dans un local d’une société de gardiennage dans les quartiers Nord de la ville. Le maire de la cité phocéenne avait aussitôt réitéré sa demande de renforts policiers auprès de l’Etat. En novembre 2010, suite à une fusillade ayant coûté la vie à un adolescent de 16 ans, deux unités de force mobile, soir quelques 150 CRS, avaient été déployées. Ayant pour seule mission exclusive la sécurisation et la surveillance des quartiers sensibles, elles étaient reparties dès janvier 2011… Aussi, le 3 mai dernier, Jean-Claude Gaudin souhaitait rencontrer l’actuel ministre de l’Intérieur. “Je ne manquerai pas alors de lui rappeler les engagements pris par son prédécesseur pour doter Marseille d’effectifs de police supplémentaires. Je compte aussi lui demander de renforcer la participation financière de l’Etat pour étendre le dispositif de vidéosurveillance à Marseille”, avait tenu à préciser le maire.



La mobilisation de l’Etat pour la sécurité de la cité phocéenne

Le 5 mai, Claude Guéant s’était donc rendu sur place pour rappeler fermement que seul l’Etat avait vocation à faire usage de la force, dans le cadre strictement défini par la loi et la déontologie et que tout acte d’auto-défense devait être proscrit. Le ministre de l’Intérieur a profité de son déplacement pour rencontrer chacun des acteurs de la sécurité de Marseille pour trouver, avec eux, une solution visant à stopper la dégradation de la situation sécuritaire de la ville.
Premièrement, la mobilisation des forces de sécurité en matière de répression de la délinquance sera développée, grâce à l’affectation de 100 personnes supplémentaires affectées à la police d’agglomération dès cet été, de 39 agents à la police judiciaire et au développement des vacations de réservistes. A l’instar de la politique du préfet Christian Lambert, en Seine-Saint-Denis, Claude Guéant a présenté de nouveaux modes d’action pour mieux concentrer l’action des forces de l’ordre sur les différents points de délinquance. Ces derniers regroupent l’amplification des opérations “coup de poing” dans les quartiers sensibles, l’extension de l’expérimentation du dispositif des “patrouilleurs”, ainsi que le recentrage de l’action des forces mobiles sur des missions de sécurisation.
En second lieu, la prévention de la délinquance devra être soutenue et accélérée grâce à la mise en œuvre des outils prévus par la loi du 5 mars 2007. Le ministre de l’Intérieur a notamment souligné que la cité phocéenne pourra compter sur le soutien du FIPD pour le financement de ses projets de stratégie territoriale de sécurité et de prévention de la délinquance.
Enfin, la ville de Marseille devra développer son rôle en matière de sécurité, avec le soutien financier massif de l’Etat : une enveloppe budgétaire à hauteur de 4,5 millions d’euros qui servira notamment au développement de la vidéoprotection dans la commune. La ville devra également lutter activement contre les trente-trois campements illicites implantés sur la commune, qui engendreraient des conséquences négatives en termes d’ordre et de santé publics. Et une réflexion sur le renforcement du rôle de la Police Municipale devra être engagée rapidement.





Mercredi 13 Juillet 2011
Virginie CADIEU



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