La prévention et la sécurité des 1 874 Francevillais sont assurées par un policier municipal, la gendarmerie de Troarn et les “brigades vertes” qui surveillent l’ensemble du territoire de la commune. Durant la saison touristique, une brigade de gendarmerie est détachée et installée au n° 37 de la Route de Cabourg ; et des CRS assurent la surveillance de la plage sur trois postes de secours. Cet appui estival est destiné à renforcer la sécurité d'un tourisme familial, essentiellement lié aux activités de plage. Par sa situation géographique et son climat, Merville-Franceville est notamment un haut lieu du kitesurf – sport nautique de traction appelé également “planche volante” ou “planche aérotractée”.
Sous la responsabilité totale de l’élu
Olivier Paz, le maire de Merville-Franceville, est également référent au sein de l’Association nationale des maires des stations classées et des communes touristiques (ANMSCCT) sur toutes les questions relatives à la
présence des CRS pendant la période estivale. Lors du 81e Congrès de l’ANMSCCT qui s’est tenu en juin dernier à Pau, il a tenu à rappeler que : “L’article L. 2213-23 du Code Général des Collectivités Territoriales donne, dans le domaine des baignades et des activités nautiques jusqu’à 300 mètres, la totale responsabilité aux maires. Dans ce domaine, en cas de problème ou d’insuffisance, non seulement la responsabilité administrative de la commune peut être engagée, mais également la responsabilité pénale de l’élu.” Les maires sont donc directement impliqués par la sécurité des touristes et doivent, de ce fait, prendre toutes les mesures nécessaires pour anticiper et parer les éventuels incidents. Chaque année donc, le maire se doit de rédiger un arrêté qui notifie la pratique des sports nautiques (kitesurf…), du naturisme, mais aussi la présence ou non des chevaux ou des chiens et la détermination de lieux et d’horaires précis… Ces prises de position entraînent la mise en place de panneaux de signalisation identifiables et lisibles par tous.
MNS et CRS : mêmes missions ?
Côté humain, toutes les personnes recrutées et mobilisées sont nécessairement des maîtres-nageurs-sauveteurs (MNS). “Ils peuvent soit venir du monde civil – une personne ayant passé son brevet ou issue de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) par exemple –, soit être d’anciens pompiers, précise Olivier Paz.
Au côté des MNS, un certain nombre de CRS sont affectés en période estivale à la surveillance des baignades. Un usage qui existe depuis cinquante ans.” Mais si l’effectif des CRS a culminé à près d’un millier de
fonctionnaires dévolus à cette mission, depuis dix ans leur nombre n’a cessé de diminuer : ils seraient aujourd’hui moins de 500.
“Le discours du ministère de l’Intérieur a pendant longtemps été d’inciter à remplacer les CRS par des maîtres nageurs sauveteurs. Or ces deux catégories ne sont pas substituables, explique le maire de Merville-Franceville. Les CRS ont notamment une grande habitude des sauvetages. Ils développent un sang-froid particulier qui leur permet d’organiser rapidement les secours pour gérer au mieux une situation délicate, ce que n’ont pas forcément les jeunes MNS. On ne compte pas le nombre de noyades évitées par la présence des CRS qui sont de vrais professionnels du sauvetage.”
Maintenir les CRS sur le littoral
Egalement, le flux important des touristes vers les plages s’accompagne d’un déplacement notable des problèmes de sécurité des villes vers les plages, avec une augmentation perceptible des vols et des faits de délinquance. “En période estivale, nous avons besoin, sur nos plages, de personnes capables de faire appliquer la loi ou tout simplement un arrêté municipal, intervient Olivier Paz. A ce titre, il est évident qu’un jeune MNS n’a pas la même autorité qu’un CRS. La présence de ces derniers sur la plage limite ainsi l’intervention éventuelle d’autres forces de police.”
Pour maintenir la présence de CRS sur les plages, Olivier Paz se bat sans relâche. “Le ministère de l’Intérieur est conscient de l’importance que nous accordons à ce dossier. Il est important de rappeler que pendant les deux
mois où les CRS sont présents sur les plages, ils sont payés par l’Etat, les communes n’assurant que le financement des frais de déplacement. Nous avons donc proposé à l’Etat de réaliser tous les investissements nécessaires pour que les postes de secours soient les mieux équipés possible ; en contrepartie, l’Etat devra, de son côté, s’engager à maintenir environ la présence de 480 CRS sur les plages. Le Ministère nous a annoncé qu’il respecterait cet engagement pour la prochaine saison”, se réjouit le maire de Merville-Franceville.
La disparité des conditions d’intervention des SDIS
Quid de l’implication du Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS) ? Alors qu’à Nice, sur 13 postes de surveillance, 11 sont tenus par le SDIS, dans le Calvados le SDIS n’est pratiquement pas impliqué. Même si les collectivités territoriales contribuent grandement au financement des SDIS, la situation est très différente d’un département à l’autre.
“L’un des problèmes que rencontrent certains SDIS est d’être obligé de faire tourner les postes avec des pompiers volontaires qu’ils recrutent sur une courte période, précise Olivier Paz. Les CRS ne sont effectivement pas la seule solution. Le SDIS peut en constituer une autre. Toutefois, elle suppose un encadrement des pompiers volontaires par des professionnels.”
Conscient de la différence d’implication des SDIS selon les départements, le ministère de l’Intérieur a lancé une réflexion pour essayer de recenser le champ des interventions possibles des SDIS : intervention en matière de
surveillance des plages, secours en mer et en haute-mer… Le résultat de ce travail devrait engendrer une circulaire interministérielle et une convention-cadre qui permettront d’harmoniser et de sécuriser juridiquement les contributions des SDIS sur le littoral.