Montereau (77) mise sur 60 caméras d’ici 2013

L’installation des premières caméras dans la commune de Montereau-Fault-Yonne, couramment appelée “Montereau” a été motivée, à l’origine, par un choix politique du député-maire Yves Jégo qui, dès son premier mandat, a souhaité installer un dispositif de vidéoprotection dans sa ville. En dix ans, le nombre de caméras est passé de 4 à 38 et le CSU de la commune de Seine-et-Marne est montré en exemple.



Montereau (77) mise sur 60 caméras d’ici 2013
Dès son premier mandat à la mairie de Montereau (1995-2001), Yves Jégo a commandé une étude de faisabilité pour l’installation de caméras de vidéoprotection dans sa commune (mise en route, obtention de subventions, chiffrage…). Les premières installations ont eu lieu fin 2000, tandis que l’inauguration a été effective début 2001.


Assainir la situation de la ville
Au début des années 2000, Montereau était une ville défavorisée qui connaissait notamment des problèmes de sécurité et de petite délinquance. Aussi, le député-maire souhaitait assainir la situation. C’est ainsi que deux premières caméras ont été installées dans la ville basse, au niveau de la gare, pour « rassurer tous les voyageurs », et deux autres dans la ville haute, pour sécuriser les lieux les plus fréquentés, comme le marché ou le parking du centre commercial, sur les hauteurs de la ville.


Une baisse significative de 70 % des faits de délinquance sur la voie publique
L’installation du dispositif et son évolution ont été rendues possibles dans le cadre des politiques de prévention de la ville. Elles ont également été aidées par les subventions qui ont été allouées à la ville. “Nous avons pu mettre en adéquation le subventionnement, l’installation des caméras et des baisses réelles et quantifiables des
faits de délinquance sur la voie publique, précise Marie-Claude Chazouillères, maire adjointe déléguée à la sécurité et à la prévention de la délinquance de la ville de Montereau. Entre 2001 et 2011, Montereau a connu une baisse significative de 70 % des faits de délinquance de voie publique (cambriolages, vols de véhicules, vols
à la tire, à la roulotte, dégradation de biens) ce qui est vraiment important. Désormais, la ville est entrée dans la frange incompressible de la délinquance, c’est-à-dire le petit délit : celui qui, de toute façon, ne peut être évité.” Le taux d’élucidation serait, à présent, largement supérieur à la moyenne départementale et nationale, en ce qui concerne les faits de délinquance de voie publique.


De 43 à 60 caméras d’ici 2013
Actuellement, Montereau comptabilise 38 caméras numériques de vidéoprotection et 5 caméras supplémentaires sont prévues pour la fin de l’année 2011. Un test sera effectué sur ces caméras HD qui seront placées sur des points de passage stratégiques de la commune. Elles permettront notamment de compléter le maillage de l’ensemble des infrastructures collèges, lycées et prévention de la commune. “L’objectif affiché est d’obtenir un maillage périmétrique complet ‘entrées et sorties’ de l’ensemble des zones criminogènes recensées dans la commune, explique Marie-Claude Chazouillères. Au total, le député-maire, Yves Jégo, estime ce besoin à environ soixante caméras. Ce projet devrait être mis en place avant la fin de son mandat en 2013.”


Un partenariat exceptionnel entre les acteurs de la sécurité
Le recours à la vidéoprotection va de pair avec une collaboration active entre la ville de Montereau et les acteurs de la sécurité. “L’intérêt de ce partenariat, réputé comme exceptionnel à Montereau, est que l’ensemble des acteurs y participent : la Police Nationale, la Police Municipale, les bailleurs sociaux… Et Montereau a également un service de médiation sociale, décrit la maire adjointe déléguée à la sécurité et à la prévention de la délinquance. Tous les 15 jours, dans le cadre d’une réunion que nous appelons de “tranquillité publique”, relevant de l’observatoire local de la délinquance, nous avons un vrai échange partenarial, dans le but d’améliorer la sécurité de la ville”, développe Marie-Claude Chazouillères. Montereau dispose également d’un CSU qui, technologiquement parlant, est devenu une référence dans le sud de la Seine-et-Marne. Le CSU a été créé en 2001, en même temps que la mise en place des 4 premières caméras.

L’option politique d’Yves Jégo était d’avoir des opérateurs qui travaillent 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. “Le CSU a plusieurs autres applications : il supervise les alarmes des écoles et assure une fonction de télésurveillance, développe Marie-Claude Chazouillères. Nous avons un renvoi de l’ensemble des communications téléphoniques de la mairie vers le CSU, et un standard d’urgence fonctionne 24 heures sur 24. De plus, la ville assure des missions de téléassistance. Les différentes tâches du CSU se sont étoffées, enrichies et sont aujourd’hui davantage tournées vers le bien-être des citoyens et la prévention. La nuit, un numéro vert a d’ailleurs été mis à la disposition de la population pour dénoncer tous les problèmes d’éclairage public, d’insalubrité ou d’incivilités sur la commune.”


Un CSU tourné vers la vie locale
Montereau possède donc un CSU tourné autant vers la vie locale que la protection des biens et des personnes. Parmi les dix opérateurs, cinq titulaires territoriaux ont reçu une formation CNFPT, les cinq autres étant des policiers ou gendarmes nationaux retraités “qui ont l’œil car ils ont fait cela toute leur vie, commente la maire adjointe.
Le choix de les recruter est effectivement lié aux nécessités de confidentialité de leur travail mais aussi à leur capacité de déceler rapidement des situations anormales. Les équipes de travail sont mixtes pour combiner des personnes formées et des gens de terrain. Cette répartition donne de très bons résultats.”
“D’abord installé au sein de la mairie, dans des locaux qui n’étaient pas à l’origine adaptés, le CSU a été délocalisé, en 2009, dans des locaux plus grands qui permettaient de déployer davantage d’écrans. Notre CSU est aujourd’hui constitué d’un mur d’images frontales composé de 24 écrans, de deux écrans de rappels latéraux de plus de 52 pouces qui permettent d’opérer une gestion par fragments. Les opérateurs ont également à leur disposition un écran de contrôle sur lequel ils pilotent les caméras et un écran de visualisation avec le plan d’implantation de l’ensemble des caméras. Et pour mutualiser notre expérience et montrer ce que nous pouvons obtenir, avec la société Sogetrel, notre maître d’œuvre, nous avons décidé d’utiliser notre CSU comme plate-forme de démonstration pour des communes sur toute la France.”


Le mixage de trois technologies : la fibre optique, le FH et le BLR
Afin de permettre une continuité de services, une liaison fibre optique a été déployée entre le nouveau site du CSU et les forces de police. “Il y a effectivement un renvoi d’images vers la Police nationale et la police municipale explique l’élue. Et si cette liaison entre le commissariat et le CSU s’est mise en place dès l’origine du dispositif, ceci était réalisé par un simple câble coaxial, au départ. Puis, nous avons profité du déménagement du CSU pour déployer une liaison fibre optique, Sogetrel nous ayant proposé, en 2010,son procédé Easy Fiber. L’avantage était la rapidité de la réalisation, sans causer le moindre désagrément pour les riverains. Sur la prochaine tranche, un tronçon de 2,4 km de fibre optique va être installé pour couvrir trois caméras. Le recours à ce procédé permet une facilité de mise en œuvre, une augmentation de la fiabilité du dispositif, et une réduction des coûts.
De plus, Montereau se caractérise par le mixage de trois technologies : la fibre optique, le FH (Faisceaux Hertziens) et la BLR (Boucle Locale Radio) et tout cela fonctionne !”


Dans les tuyaux…
Après l’échéance des 60 caméras de vidéoprotection d’ici 2013, Montereau continue sur sa lancée. “Nous envisageons l’utilisation d’un CSU intercommunal avec une Police Municipale intercommunale, précise la maire adjointe déléguée à la sécurité et à la prévention de la délinquance. Le député-maire souhaite que cette réflexion puisse devenir effective d’ici 2 à 3 ans, soit avant la fin de son mandat. En revanche, nous allons sûrement évoluer, d’ici là, vers une vidéo protection intelligente capable de détecter des événements anormaux et d’enregistrer le numéro des plaques minéralogiques. La reconnaissance faciale, en l’état actuel des choses, ne nous paraît pas utile. Mais cela promet une évolution assez intéressante et peut-être que, dans 4 à 5 ans, ce sera quelque chose de tout à fait transposable.”




Jeudi 3 Novembre 2011



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