Nérac (47) : la vidéoprotection abandonnée suite à un référendum

Le 6 novembre dernier, à la question : “Approuvez-vous la délibération du Conseil municipal sollicitant Monsieur le Préfet en vue de l’installation d’un système de vidéoprotection sur le territoire de la commune de Nérac ?”, 58,76 % des votants ont répondu “Non” lors d’un référendum décisionnel organisé par la municipalité…



Nérac (47) : la vidéoprotection abandonnée suite à un référendum
Sur 5 377 inscrits, seuls 1 658 Néracais se sont exprimés, soit 30,83 %. Les 963 “Non” l’ont emporté sur les 676 “Oui” et les 19 votes nuls. Alors que Villeneuve, Agen, Marmande ou encore Aiguillon sont équipées d’un système de vidéoprotection, une majorité des habitants de la commune du Lot-et-Garonne de 7 500 habitants ont refusé par référendum le projet d’installation de caméras sur leur commune. Nicolas Lacombe, le maire socialiste de Nérac, et le Conseil municipal se sont aussitôt réunis pour analyser ce suffrage. Et même si le taux de participation est inférieur à 50 %, le Conseil municipal considère ce référendum comme un outil d’aide à la décision. Le résultat négatif largement exprimé n’encourage pas à mettre en oeuvre le projet d’installation de sept caméras de vidéoprotection à Nérac sans centre de supervision urbain (CSU).


Trois objections principales
Trois principales objections ont été avancées par les Néracais pour justifier leur refus. Elles résident notamment dans le coût jugé exorbitant des installations, de la maintenance et du personnel nécessaire. Egalement, les habitants ne sont pas tous convaincus de l’efficacité réelle du dispositif sur la délinquance à Nérac. Enfin, les Néracais sont préoccupés par l’atteinte aux libertés individuelles.
Appelés par voie référendaire par leur maire, les Néracais ont donc dit massivement “Non” malgré une participation relativement faible qui satisfait toutefois Nicolas Lacombe, le maire de Nérac et conseiller général du Lot-et-Garonne. “Au début de mon mandat, en 2008, j’avais promis aux habitants que je les consulterais sur chacun des grands dossiers qui se présenteraient. Pour une première consultation référendaire, la participation est donc plutôt bonne”, juge Nicolas Lacombe.


La vidéoprotection, absente du programme du maire en 2008
Le premier magistrat se montre également satisfait du résultat obtenu. “Le thème de la vidéoprotection était porté par l’ancienne municipalité. Elle ne faisait pas partie de mon programme, précise Nicolas Lacombe. Ce projet aurait coûté cher – quelque 230 000 € environ subventionnées à hauteur de 20 à 50 % par l’Etat – ce qui a d’emblée suscité un vif débat au sein de la population. Les Néracais souhaitent davantage de sécurité pour eux-mêmes, pour leurs proches et pour leurs biens, mais pas au détriment de leur porte-monnaie. A juste titre, ils considèrent que c’est à l’Etat et non à eux d’en payer le prix”.
Rappelons qu’en 2010, une vague de dégradations, vols et incivilités avait touché la commune. Des commerçants néracais s’étaient alors retrouvés en première ligne pour dénoncer ces faits dans la commune. Le conseil municipal de Nérac avait donc décidé d’installer sept caméras aux entrées et sorties de la ville, mais il tenait à consulter les habitants avant l’implantation.


Une préparation de près d’un an

Lors du Conseil municipal du 9 novembre, Nicolas Lacombe, Maire de Nérac, est revenu sur les résultats du référendum, provoquant de vifs échanges avec l’opposition. “Je suis fier d’avoir organisé ce référendum. Pour ne pas que la question du choix de l’installation d’un système de vidéoprotection à Nérac se transforme en référendum pro ou anti municipalité, nous avons fait le choix de ne pas prendre position publiquement sur le sujet. C’est pourquoi, l’affiche que nous avons faite apposer incitait seulement les Néracais à participer au vote, explique Nicolas Lacombe. La première partie de l’année 2011 a été consacrée à l’organisation de ce référendum, annoncé lors de mes voeux en janvier, puis délibéré en juillet. Un dossier d’information a été mis à la disposition du public en Mairie et sur le site internet de la Ville. La presse a relayé l’information. Des panneaux électoraux ont été installés où l’expression a été libre. Enfin, chaque électeur a reçu en plus du matériel de vote, la délibération et une note d’information.”



Pas décisionnel mais décisif
Le maire indique que même si le référendum n’est pas décisionnel du fait du taux de participation – moins de 50 % des inscrits – il a toutefois la valeur d’un sondage et que la position des Néracais qui se sont exprimés négativement sur ce sujet sera prise en compte : le projet de vidéoprotection ne verra donc pas le jour. Nicolas Lacombe justifie cet abandon en précisant que “les chiffres de la délinquance à Nérac ne montrent pas une situation d’une grande gravité. Dans la vie de nos concitoyens, ce sont les incivilités du quotidien qui peuvent donner parfois ce sentiment d’insécurité. Aussi, pour améliorer cette situation, avec Monsieur le Sous-Préfet, et dans le cadre du Conseil intercommmunal pour la sécurité et la prévention de la délinquance (CISPD), nous proposerons prochainement des actions certes moins médiatiques mais plus efficaces que la mise en place de caméras”.
Rappelons qu’il existe déjà des dispositifs à Nérac : une brigade de Gendarmerie, un service de Police Municipale, une convention de mutualisation entre les deux, l’opération tranquillité vacances… “L’un des enjeux de 2012 est que les forces de sécurité de l’Etat ne voient pas leurs effectifs se réduire comme peau de chagrin, afin qu’un colonel de gendarmerie ne puisse plus nous dire que les Gendarmes deviennent ‘une denrée rare’”, appelle de ses voeux Nicolas Lacombe.



Un Conseil municipal mouvementé
Le maire déplore que les élus de l’oppositon aient décidé de boycotter le référendum, un scrutin démocratique. “Quand on vit une période où le civisme recule, des élus qui ne participent pas à un scrutin organisé de la façon la plus exigeante qui soit, et qui par là même incitent leur électorat à en faire de même, ne se montrent pas responsables. Les élus de l’opposition ont donné là un bien mauvais exemple à nos concitoyens. Mais ce choix leur appartient”, regrette Nicolas Lacombe.
Pour sa part, Patrice Dufau, élu municipal PC, a déclaré que les élus communistes étaient solidaires avec l’équipe municipale dirigée par Nicolas Lacombe.
En revanche, l’opposition, représentée par les élus Monique Simko, Marie Merle, Bernard Daliès, Gabriel Chazallon, Gilbert Darengosse, Laurence Franzoni, s’est vivement exprimée pour demander que ce projet ne soit pas abandonné.
En attendant, Nérac va pouvoir continuer sa vie paisible provinciale…

Vendredi 18 Novembre 2011



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