15/10/2009 2462 vues
Prévention situationnelle - Technoprotection
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Nicolas Sarkozy choisit Orléans pour parler de prévention et de délinquanceJeudi 3 février, Nicolas Sarkozy a choisi la ville d’Orléans, terre centriste du Loiret, pour s’exprimer sur le thème de “La prévention de la délinquance”. Pour l’occasion, le chef de l’Etat était accompagné de Michel Mercier, Garde des Sceaux et de Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, mais également de Maurice Leroy, ministre de la Ville et de Jean-Marie Bockel, sénateur chargé récemment d’une mission sur la prévention de la délinquance. Vidosurveillance Infos a décidé de revenir sur les raisons de ce déplacement et le parcours de la journée, aspects quelque peu occultés du fait des déclarations très contestées et médiatisées du Chef de l'Etat, lors de ce déplacement.
Pour son premier déplacement sur le thème de la sécurité depuis septembre 2010, Nicolas Sarkozy a choisi Orléans. “C’est le chef de l’Etat lui-même qui a entrepris de se rendre dans notre ville pour participer, notamment, à une table ronde sur la prévention de la délinquance, précise Florent Montillot, adjoint au maire d’Orléans et Délégué à la sécurité. C’est la cinquième fois en sept ans que nous l’accueillons. Il était déjà venu deux fois en tant que ministre de l’Intérieur et deux fois comme chef de l’Etat pour aborder par deux fois le thème de la sécurité et par deux fois encore celui de la prévoyance et de la délinquance.”
Une étroite collaboration entre l’Etat et la ville La visite présidentielle ne relève pas du hasard car Orléans est considérée comme l’une des villes les plus modernes dans ces deux domaines et affiche d’excellents résultats qui traduisent l’investissement du tandem Serge Grouard-Florent Montillot, respectivement maire et adjoint à la tranquillité publique. “Pour la neuvième année consécutive, Orléans enregistre un recul conséquent de la délinquance, poursuit Florent Montillot. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : on note une baisse de 62,1 % de la délinquance de proximité – et jusqu’à - 82 % dans le quartier de La Source dans lequel s’est rendu le chef de l’Etat. Les incivilités et actes de délinquance menés par des mineurs ont également chuté de 15 %.” Un succès qui s’explique par une étroite complémentarité entre l’action de l’Etat et celle de la ville d’Orléans. En effet, l’Etat a investi d’importants moyens en faveur de la sécurité à Orléans. 500 policiers nationaux ont été affectés à la ville. Le commissariat a été profondément rénové et modernisé. Un laboratoire a notamment été installé en sous-sol, et un centre d’information et de commandement (CIC) a été inauguré en janvier 2011 (lire plus bas). Par ailleurs, une brigade spécialisée de terrain (BST, exUTeQ) a été déployée en 2010 dans le quartier de l’Argonne. Et l’Etat a encouragé la lutte contre les violences scolaires : tous les établissements d’Orléans (et du Loiret) disposent, par exemple, d’un correspondant “police-sécurité” ; 35 diagnostics de sécurité ont été réalisés, et 15 fonctionnaires de la DDSP se consacrent quotidiennement au partenariat avec l’éducation nationale. Quand Orléans montre l’exemple Orléans mène, elle aussi, une politique active de lutte contre la délinquance. La municipalité consacre environ 6,5 % de son budget à la sécurité. En matière de prévention, le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) se réunit trois fois par an. Un Conseil des droits et des devoirs des familles se réunit pour chaque cas individuel et offre des solutions. La ville d’art et d’histoire s’illustre également par une politique de prévention de la délinquance des mineurs, qui repose sur un suivi personnalisé des situations, le soutien aux parents, des dispositifs d’aide à la réussite éducative, l’appui aux associations, et un service de préventionmédiation- réussite fort d’un effectif de 30 personnes. La ville emploie quelque 106 policiers municipaux. Elle est engagée dans le développement de la vidéo protection : 108 caméras, installées sur la voie publique, sont reliées à la Police Municipale mais également au Centre d’information et de commandement (CIC) de la Police Nationale. Parallèlement, Orléans mène un effort de rénovation urbaine exceptionnel, en particulier dans le quartier de La Source où résident 20 000 habitants. Le programme de réhabilitation 2004/2013, doté de 194 millions d’euros et déjà exécuté à 80 %, a permis de réhabiliter et de construire des logements sociaux ainsi que de nombreux équipements publics (complexe sportif, médiathèque, école, école de musique, maison des associations).
Un parcours en trois étapes
Le déplacement du Président de la République s’est déroulé en trois phases. “Tout d’abord, Nicolas Sarkozy s’est rendu à la Direction Départementale de la Sécurité Publique (DDSP) où les derniers chiffres de la délinquance lui ont été présentés ainsi que des produits de saisies. Il a ensuite visité le nouveau centre d’information et de commandement (CIC) de la DDSP, avant de rencontrer les fonctionnaires de police et de gendarmerie, explique Florent Montillot. Dans un second temps, le chef de l’Etat a tenu à saluer les différents services de la Police Municipale : patrouilles équestre et canines, brigade du surveillance, ilôtiers… Enfin, Nicolas Sarkozy s’est ensuite rendu dans le quartier de La Source pour visiter le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS), le centre de ressources Illettrisme et Analphabétisme, et la Maison de la Justice et du Droit (MJD). Il s’est ensuite entretenu avec les acteurs de la prévention et a pris connaissance de l’ensemble des dispositifs mis en place par la ville (carrefour des parents, veille éducative, maison de la réussite, brigade des travaux d’intérêt généraux…), poursuit l’adjoint à la tranquillité publique. Il a également rencontré les différents partenaires de la ville en matière de lutte contre la délinquance et de prévention (associations de quartiers, de lutte contre les discriminations, système éducatif, association d'animation jeunesse…), soit au total près de cinquante partenaires”, conclut Florent Montillot. La vidéo protection :" l’avenir de la lutte contre l’inséurité" Ensuite, le Chef de l’Etat a présidé une table ronde sur le thème de la prévention de la délinquance, organisée dans un quartier sud d’Orléans : le quartier de La Source. Un sujet que connaît bien le Nicolas Sarkozy, en tant qu'ancien ministre de l’Intérieur (de mai 2002 à mars 2004, sous le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin et du 31 mai 2005 au 19 mars 2007 sous le gouvernement de Dominique de Villepin). Lors de son second passage place Beauvau, il avait d’ailleurs fait voter une loi sur la prévention de la délinquance. Cette loi avait pour but de réformer l’ordonnance de 1945 sur la prévention de la délinquance des mineurs, afin d’apporter une réponse plus adaptée aux actes de délinquances d’aujourd’hui. Un millier de personnes étaient présentes pour l’occasion. “Parmi les intervenants se trouvaient le préfet, notre collaborateur qui coordonne l’ensemble des actions présentées plus haut, un représentant des bailleurs sociaux, un représentant de l’Education nationale, un représentant de la Police Nationale, la directrice de la association d’aide aux victimes”, précise le Délégué à la sécurité. Lors de cette table ronde, Nicolas Sarkozy a évoqué la nécessaire extension de la vidéoprotection, dans laquelle il voit “l’avenir” de la lutte contre l’insécurité. Pour contrer ceux qui dénoncent cette technologie comme une atteinte à la liberté individuelle, le chef de l’Etat a proclamé que “faire de l’idéologie sur la présence de la vidéoprotection dans les rues, c’est un débat retardataire. Les caméras ne sont pas de gauche, elles ne sont pas de droite, pas du centre, elles ne sont pas d’opposition, pas de la majorité, elles sont là pour aider les forces de l’ordre à maintenir l’ordre public !” Parmi les conclusions à tirer de cette table ronde : “Le chef de l’Etat a insisté sur le fait que la lutte contre l’absentéisme scolaire (qui mène bien souvent à la délinquance) et la création d’établissements de réinsertion scolaire qui ont pour mission d’accueillir les élèves difficiles (plusieurs fois exclus du système éducatif traditionnel et qui perturbent gravement la scolarité de leurs camarades) étaient une priorité nationale, une véritable question d’Etat, précise Florent Montillot. Et par rapport aux initiatives réussies menées à Orléans, il faut pérenniser les contrats de réussite éducative et faire en sorte que les Maisons de la réussite puissent être généralisées en France”, conclut l’adjoint au maire. Cette table ronde semble avoir été quelque peu contestée par les élus socialistes locaux. «Cette table ronde n’est qu’une opération de communication qui est loin de la réalité du terrain», a déclaré, lors d'une conférence de presse, Ghislaine Kounowski, conseillère municipale socialiste d’Orléans. Un déplacement très médiatisé Nicolas Sarkozy a profité de son passage à Orléans et de sa médiatisation pour suggérer que la réforme introduisant des jurés populaires dans les tribunaux correctionnels entrerait en vigueur avant la fin de l’année. Selon lui, il s’agit de combler le “fossé d’incompréhension” entre certaines décisions de justice et le sentiment des citoyens. “Il y aura des magistrats professionnels et, à côté d’eux, des habitants du département (…). La justice était rendue au nom du peuple français, désormais elle sera rendue aussi par le peuple français”, a précisé le chef de l’Etat. La réponse à la délinquance, c’est la mobilisation de toute la société, pas de quelques-uns (…). Ainsi, plus personne ne pourra dire qu’il y a ceux d’en haut qui rendent la justice et ceux d’en bas qui subissent la justice”, a conclu le Président de la République. Concernant l'affaire du meurtre de Laetitia Perrais, sur laquelle est revenue Nicolas Sarkozy, et a déclaré que les “dysfonctionnements” dans le suivi judiciaire du meurtrier présumé seraient sanctionnés : “Quand on laisse sortir de prison un individu comme le présumé coupable sans s’assurer qu’il sera suivi par un conseiller d’insertion, c’est une faute”, on peut lire la réaction de Jean-Pierre Sueur, sénateur socialiste du Loiret, dans Liborléans.fr «Nicolas Sarkozy a demandé qu’on établisse les responsabilités, ce qui est juste. Il a aussi affirmé que les personnes comme le présumé coupable devaient, à leur sortie de prison, être suivis de manière très étroite [...] Le problème, c’est que cela suppose des personnels compétents et donc des postes que le budget du ministère de la Justice, tel qu’il a été présenté devant le Parlement, ne permet ni de créer, ni de finance». Rappelons que cette accusation du Chef de l'Etat avait immédiatement fait réagir les magistrats et l’administration pénitentiaire, avant de toucher les forces de l’ordre… Des fichiers contre des effectifs Concernant les policiers et les gendarmes, le chef de l’Etat a tenu à les assurer du “soutien complet de la République”. “La répression et la prévention sont les deux volets complémentaires d’une même politique. Il n’existe pas de cloison entre les deux. Je réfute toute approche idéologique tendant à privilégier la prévention sur la répression ou l’inverse, a ajouté le président de la République. Croyez bien que je ne vous ai pas oubliés ! On va mettre tout en oeuvre pour améliorer vos conditions de travail”, a annoncé le Président de la République. Un engagement qui, cependant, concernerait davantage les moyens que les effectifs. “La meilleure façon d’aider la Police et la Gendarmerie à faire leur travail, c’est d’investir massivement dans les moyens techniques qui permettront d’avoir la police et la gendarmerie du XXIe siècle, a-t-il précisé. Pendant des années, dans la police comme dans la gendarmerie, on raisonnait exclusivement en termes d’effectifs. Les effectifs, c’est très important. Mais ce n’est pas tout. Et ce n’est d’ailleurs même plus l’essentiel. Avoir beaucoup d’effectif et peu d’équipements, ça ne permet pas une police efficace. Jamais dans l’histoire de la République, on a autant arrêté de coupables d’agressions sexuelles. Un violeur sur deux, maintenant, est retrouvé et puni…”, a argumenté le chef de l’Etat qui a également souligné que ces progrès étaient notamment dus à la création de fichiers recensant les délinquants et au développement de la police scientifique. Au total, un déplacement particulièrement dense et riche en déclarations qui, pour certaines, ont mis le feu aux poudres... Mercredi 9 Février 2011
Evelyne Guitard et Virginie Cadieu
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09/09/2009 3172 vues
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