Tout savoir sur la sécurité dans les transports

La vidéoprotection a légitimement trouvé sa place dans les trains, bus, tramways… du réseau urbain français pour faire face aux incivilités croissantes dans les transports ces dernières années. Une pertinence relayée par le plan “Vidéoprotection”, au printemps 2010, proposé par Brice Hortefeux, alors ministre de l’Intérieur et poursuivi par son remplaçant, Claude Guéant. Le point sur une situation en pleine évolution.



Tout savoir sur la sécurité dans les transports
Bus caillassés et brûlés, voies ferrées immobilisées, contrôleurs blessés, vols et agressions des passagers… La flambée de violence avait motivé, dès le printemps dernier, la proposition d’un “plan de sécurisation des transports” en commun. Un projet qui tenait à cœur à Brice Hortefeux, alors ministre de l’Intérieur, souhaitant “mener la guerre contre l’insécurité dans les transports” avec comme moyens le renforcement de la vidéoprotection et la création d’une “task force”. Un sujet sensible également cher au Président de la République. Déjà en 2007 Nicolas Sarkozy préconisait l’installation d’un vaste réseau de caméras dans les transports en commun.

Etat des lieux de la vidéoprotection en 2010
Au printemps dernier, la SNCF s’était engagée à passer de 14 400 caméras à 25 000 en 2012-2013, avec notamment des caméras embarquées dans les voitures. L’année dernière 8 100 caméras étaient mises en place dans les voitures pour 17 000 caméras embarquées dans les bus et les tramways.
En 2010, en France, 446 gares étaient équipées de 6 300 caméras au total, concentrées principalement en Ile-de- France, avec 4 100 caméras dans 322 des 389 gares du réseau francilien et 2 200 caméras dans 124 gares de province. Le budget alloué par le FIPD pour mener à bien ce projet d’envergure consacré à la vidéoprotection était de l’ordre de 30 millions d’euros.
L’Etat devait également aider les opérateurs à mettre au point un système d’alerte sur les tableaux de bord des bus et des tramways qui permettrait au centre opérationnel de la préfecture de police de géolocaliser les éventuels véhicules en difficulté pour intervenir aussitôt, particulièrement sur tous les transports terrestres d’Ile-de-France en zone sensible.


Les forces de l’ordre réquisitionnées
Les forces de l’ordre n’étaient pas oubliées. Le ministre comptait développer des “patrouilles polyvalentes métro/RER/train/bus pour leur donner la même mobilité que celle des délinquants”. Et les unités d’accueil de police dans les gares parisiennes seraient transformées “en véritables commissariats”. La “task force pour la sécurité dans les transports”, quant à elle, réunit le secrétariat d’Etat aux Transports, les forces de sécurité intérieure : préfet de police, directeurs généraux de la Police et de la Gendarmerie nationales, ainsi que les grands opérateurs tels que la SNCF et la RATP. Un véritable QG organisé pour mener la guerre contre l’insécurité dans les transports.
Parmi les opérations nécessaires à la bonne réalisation de ce projet, Brice Hortefeux avait demandé aux préfets de zone de dresser une “carte des protections, gare par gare, train par train, bus par bus...”, l’ancien ministre de l’Intérieur comptant “mettre le paquet” sur les lignes les plus sensibles.


Un projet qui s’organise, oui mais…
Cependant, ce projet ambitieux a un coût qui pourrait se révéler exorbitant. Et le dispositif qui envisage la mobilisation de forces de l’ordre accrue dans les transports urbains – jusqu’à 8 agents pour 1 ligne sensible – pourraient engendrer des coupes budgétaires alors même que les syndicats s’inquiètent déjà du manque d’effectifs.
Contre vents et marées, fin 2010, Brice Hortefeux affinait son plan de sécurité dans les transports en promettant 12 000 caméras dans les gares et les trains d’Ile-de-France d’ici mi-2013 et un véritable “plan d’urgence” pour renforcer la sécurité des réseaux ferrés de la SNCF et des lignes de bus de la RATP.


Dans ce cadre, dès 2011, la Loi d’orientation et de programmation de la sécurité intérieure (Loppsi 2) prévoyait “un délit de pénétration illégale dans les cabines de pilotage de trains”’ afin de protéger les machinistes, cibles d’agressions.

Par ailleurs, les agents de sécurité de la SNCF vont voir leurs pouvoirs étendus : contrôles d’identité, verbalisation des infractions, injonction à quitter l’espace d’un transport public… Bref, ils disposeront désormais de moyens pour contraindre les fauteurs de troubles à sortir des rames, des wagons, des couloirs ou des gares dont ils perturberaient la tranquillité.



Un plan toujours au cœur de l’actualité
Les initiatives entamées par Brice Hortefeux sont plus que jamais d’actualité. Le plan qui porte sur l’ensemble des transports collectifs terrestres a été repris par l’actuel ministre de l’Intérieur. Et les différents acteurs dont Guillaume Pépy, président de la SNCF, et Pierre Mongin, directeur de la RATP confirment l’importante efficacité de la vidéoprotection dans tous les transports terrestres.
Mi-mars, Claude Guéant rappelait que les efforts pour améliorer la sécurité des transports en commun d’Ile-de-France avaient été appréhendés par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, dès 2002. Un service régional de la police des transports avait même été créé avec 1 200 fonctionnaires.
Parallèlement, la SNCF et la RATP ont renforcé leurs services de sécurité en développant leur propre programme de vidéoprotection, avec la mise en place de 7 500 caméras par la SNCF et de 8 500 par la RATP. La SNCF devrait d’ailleurs étendre son dispositif pour atteindre 12 500 caméras de surveillance.



Smartphones : 48,64 % des objets volés dans le métro parisien en 2010
Selon Claude Guéant, les efforts soutenus depuis 2002 en matière de prévention et de protection dans les transports en commun urbains ont été couronnés de succès puisque, de 2002 à 2009, la délinquance a très sensiblement diminué dans les transports de l’agglomération parisienne. Une ombre au tableau cependant, le ministre de l’Intérieur a indiqué qu’en 2010 la situation s’est dégradée à Paris et dans la petite couronne avec l’apparition d’une nouvelle délinquance liée à l’augmentation des vols avec violence de Smartphones; les vols de Blackberry et iPhone ayant constitué à eux seuls 48,64 % des objets volés dans le métro parisien. Claude Guéant a indiqué que la Loi d’orientation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi 2) a intégré cette nouvelle tendance en offrant aux opérateurs la possibilité de désactiver à distance les téléphones portables dérobés, ce qui devrait rendre leur vol inutile. Le ministre de l’Intérieur a également rappelé que les images enregistrées par les caméras de vidéoprotection permettent de “confondre les auteurs d’actes délictueux”, mais aussi de “déceler des mouvements anormaux et d’orienter les forces de l’ordre vers les lieux où se commettent les infractions”. Les vols simples, sans violence, accusent également une hausse de 10 %, l’ensemble de la délinquance dans les transports en commun ayant, quant à elle, augmenté de 5 à 6 % selon la Brigade des réseaux ferrés (BRF). Certaines infractions sont en baisse : les menaces et outrages sur les agents SNCF ont chuté de 25 %, les violences sur les forces de l’ordre ont diminué de 10 %, ainsi que les atteintes sexuelles…



Lire la suite dans le grande dossier du numéro de la lettre Vidéosurveillance Infos qui paraît aujourd'hui.

Mercredi 25 Mai 2011
Evelyne Guitard



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