Vidéo et DAI dans les tunnels du Boulevard périphérique Nord de Lyon

Openly, filiale d’ASF, et délégataire de service pour la communauté urbaine du Grand Lyon, a en charge l’exploitation des tunnels du Boulevard périphérique Nord de Lyon depuis 2006. En tout, quatre tunnels, construits voici une quinzaine d’années, situés dans un paysage géographique très urbain et où circulent entre 60 000 et 100 000 véhicules par jour, doivent répondre à des normes de sécurité très strictes.
Ainsi, l’opération consistait-elle à rénover l’intégralité du dispositif de vidéosurveillance, de façon à ce qu’aucune zone ne soit non couverte par la vidéo et d’y ajouter de la détection automatique d’incidents (DAI). Pari en passe d’être réussi !



Vidéo et DAI dans les tunnels du Boulevard périphérique Nord de Lyon
En 2006, le Grand Lyon a souhaité rénover l’intégralité du dispositif de vidéosurveillance dans les quatre tunnels du Boulevard périphérique Nord de la ville, les matériels étant devenus obsolètes. La communauté urbaine avait alors pour volonté de ne rien garder de l’ancien système, en dehors du réseau fibre optique, et ce pour deux raisons : l’ancien système n’était pas interopérable et elle souhaitait passer de l’analogique à l’IP. Il était alors convenu, avec le délégataire de service, de remplacer le mur d’images, les caméras vidéo, l’ensemble des équipements de vidéosurveillance et de mettre en place la DAI. “Pour assurer le fonctionnement de la DAI, il était nécessaire de compléter la couverture vidéo de l’ouvrage; il fallait alors doubler le nombre de caméras dans le tunnel”, explique Stéphane Rey, Responsable maintenance chez Openly.
Dans ce contrat, Openly s’est engagé à ne pas dépasser un certain budget. Les dépenses sont refacturées à l’issue du projet, au Grand Lyon. “L’intérêt de ce système est que nous pouvons réaliser des économies par rapport au budget initialement prévu et nous participons alors à ce gain”, précise Stéphane Rey.

Objectif du projet
Auparavant, 120 caméras surveillaient des tranches de trafic. “Aujourd’hui, nous avons moins de moniteurs mais on voit davantage ce qui se passe, grâce à la DAI qui surveille tout, en permanence. Ainsi, n’importe quel événement anormal fait remonter une alarme. Avant, si l’événement survenait en dehors de la tranche de surveillance, il pouvait se passer un certain temps avant d’être détecté et on pouvait perdre beaucoup de temps avant de traiter un événement grave.” commente Stéphane Rey.


Un système mixte complémentaire
La DAI sans le système vidéo ne peut pas fonctionner et le système vidéo sans la DAI n’aurait pas été conçu de la même façon. Ainsi, lorsqu’on met en place une DAI, la vidéo n’est plus un simple outil de visualisation de l’ouvrage, mais devient un vrai capteur. Le choix des caméras, des caissons, la technologie de transmission des images… Tous ces éléments sont alors étudiés pour alimenter correctement le système de DAI de façon à obtenir de bonnes performances. L’orientation même des caméras est définie très précisément, en fonction des contraintes du dispositif DAI. C’est donc un système mixte qui permet à la fois d’automatiser le traitement d’incident et à l’opérateur de surveiller visuellement son ouvrage” argumente Jean-Yves Tomczyk, dirigeant de la société GTIE Transport*.


Les fonctionnalités créées
Aujourd’hui sont installés 232 caméras, dont 170 ayant une fonction DAI, ainsi que 15 moniteurs et une dalle vidéo qui peut être découpée en 9 moniteurs, permettant de surveiller les zones accidentogènes ou les zones de travaux.
Concernant les 15 autres moniteurs, 7 sont dédiés à la surveillance des tunnels, 5 à la surveillance des zones extérieures, 3 aux alarmes DAI.
“Nous avons mis en place une nouvelle utilisation du mur d’images avec moins d’écrans mais plus de surveillance”, expose le Responsable maintenance. Ainsi, contrairement à la vidéosurveillance urbaine, quand tout se passe bien, les écrans sont noirs. Mais lorsqu’ une alarme DAI se déclenche, elle remonte sur un moniteur d’alerte et sur la zone de surveillance spécifique, visible alors sur l’un des écrans ; chaque caméra pouvant être affectée à n’importe quel moniteur.
Des fonctions de sauvegarde du contexte d’images permettent à l’opérateur, “par un simple clic”, de venir chercher une sauvegarde des affectations des caméras sur le mur d’images, selon les contextes particuliers, comme la surveillance dans le tunnel, surveillance d’une zone accidentogène, ou d’un événement particulier comme un incendie impliquant alors la fermeture du tunnel.
Des fonctions de suivi, servent à faire défiler les caméras N et N + 1 pour suivre des véhicules par exemple…
Des filtres ont également été mis en place pour ne pas perturber l’opérateur par des remontées d’alarmes inhérentes aux non événements. “Si, par exemple, un ralentissement des véhicules se produit, l’alarme va se déclencher ; une image vidéo va remonter avec les caméras qui se trouvent juste avant et juste après cet évènement et toutes les alarmes de ce même type vont être filtrées, remontant sur les caméras de N+1 à N-1 pendant 6 minutes”, précise Stéphane Rey, ajoutant “sur un véhicule arrêté, on va filtrer tout ce qui va être bouchon et ralentissement de la caméra N à la caméra N-5 pendant x minutes.” Ainsi, les filtres permettent d’éviter des remontées d’alarmes liées à un même événement. De la même façon, lorsqu’une alarme est déjà présente sur la dalle de surveillance spécifique et qu’une nouvelle alarme concerne cette même caméra, “on va faire remonter l’alarme au niveau du système de supervision, mais on ne va pas forcément afficher de nouveau la caméra puisqu’elle est déjà présente sur un moniteur” commente le Responsable maintenance.




GTIE Transport est mandataire du groupement en charge de la rénovation de l’installation de vidéosurveillance et de Détection Automatique d’Incidents dans les tunnels du BNPL.





Vidéo et DAI dans les tunnels du Boulevard périphérique Nord de Lyon
“Quand un véhicule s’arrête dans un des tunnels, automatiquement et en moins d’une dizaine de secondes, le système de détection automatique d’incident va détecter cet arrêt de véhicule, remonter l’information au frontal vidéo, le frontal vidéo va automatiquement piloter l’affichage de la caméra en question (ainsi que les caméras an amont et en aval ) sur le mur d’images, de manière à ce que l’opérateur soit alerté et obtienne tout de suite les images liées à ce fait. Parallèlement à cela, le système de DAI va également remonter l’information au système d’aide à l’exploitation (SIGTC), qui va établir et proposer à l’opérateur un plan d’actions en fonction de l’événement détecté. ” ajoute Jean-Yves Tomczyk.

Le Journal d’événement, autre fonctionnalité mise en place, contribue à tracer toutes les actions et inhibitions des systèmes DAI. Ainsi, lorsque des travaux sont effectués dans une zone particulière, on peut venir inhiber des arrêts de véhicules sur cette zone, les patrouilles étant présentes sur la voirie ; on peut ainsi tracer toutes les commandes d’inhibition, affichages de contexte, etc.
Corrélé à la partie vidéo, l’enregistrement en continu des images permet de sauvegarder les enregistrements d’événements, pour une exploitation en temps différé, notamment pour le Préfet, en cas d’accident grave dans le tunnel. La profondeur de stockage des images est de 7 jours, en continu, sur l’ensemble des caméras de l’ouvrage et ce dispositif est bien évidemment soumis aux déclarations de la loi informatique et liberté. Ainsi, “en cas de réquisition, on peut extraire et remettre à la police la séquence correspondant aux faits, sur les caméras concernées.”


Les caméras installées sont des caméras Bosch de type analogique, le signal analogique étant transféré en IP lorsqu’il est envoyé sur un réseau. Toutes les caméras mises en place dans les tunnels sont désormais pourvues d’une fonction DAI et sont installées environ tous les 100 mètres. Leur portée varie entre 60 mètres (lors de virages par exemple) et 200 mètres.

“Ce système est devenu obligatoire dans les tunnels, depuis l’accident du tunnel du Mont Blanc, en 1999. Ceci consiste à surveiller toutes les caméras en tunnel ainsi que celles extérieures au tunnel –celles qui surveillent notamment le viaduc – ce système permettant d’analyser en continu chacune des caméras de l’ouvrage, de manière entièrement automatisée, et de détecter si les images montrent un événement du type arrêt de véhicule, piéton, contresens, fumée, objet sur la chaussées… Ce système a pour but de décharger l’opérateur de la surveillance continue de toutes les caméras de l’ouvrage et facilite la rapidité de l’arrivée de l’information, en cas d’incident dans l’ouvrage. Ce système est couplé au frontal des vidéos et au système informatique de gestion et de contrôle de l‘ouvrage (SIGTC), de manière à automatiser toutes les remontées d’information et les tâches que l’opérateur va effectuer en cas de détection d’incident” commente Jean-Yves Tomczyk.


Des opérateurs qualifiés et compétents
Grâce à la DAI, le métier des opérateurs a considérablement évolué. Aujourd’hui, un seul opérateur se trouve en permanence à surveiller le PC réseau, sur une petite équipe de 5, au total, ceux-ci tournant en 3/8. Ces opérateurs sont des techniciens qualifiés, niveau BAC + 2, devant être capables de gérer les équipements et d’apporter une analyse sur d’éventuels problèmes techniques. “Quand une alarme DAI d’exploitation se déclenche, l’opérateur appelle alors les patrouilleurs pour les faire intervenir sur le terrain ; si c’est une alarme technique -comme un défaut sur une caméra-, il va apporter une analyse rapide avant d’appeler le technicien de maintenance pour lui expliquer l’intervention nécessaire” explicite Stéphane Rey. Le délai d’intervention sur le terrain et l’assistance aux usagers sont ainsi beaucoup plus rapides et efficaces. Et ces techniciens, de par leurs compétences, peuvent traiter et régler les problèmes urgents de façon autonome, la nuit et le week-end.
De plus, ces opérateurs ont tous reçu une formation DAI, dans le cadre du projet, par GTIE Transport et CITILOG, fournisseur du système de DAI.
Le système vidéo est opérationnel depuis décembre 2010. Le mur d’images est piloté par le produit Ubicus d’I Process.
“Aujourd’hui, nous sommes en phase de paramétrage des systèmes DAI”, déclare le Responsable maintenance.


En cas de détection de fumée, l’action qui peut être proposée à l’opérateur est de fermer le tunnel ; l’opérateur envoie alors la signalisation correspondante à la fermeture du tunnel, comme l’abaissement des barrières, l’allumage des feux rouges, etc. Avec éventuellement l’envoi d’un fax au Préfet, l’envoi d’information aux concessionnaires autoroutiers en interface avec l’ouvrage Openly… Ce système a la faculté d’interagir avec beaucoup d’autres systèmes extérieurs.” argumente le dirigeant de GTIE Transport.


Ainsi, Vidéo et DAI permettraient aujourd’hui une meilleure gestion des incidents, plus de sécurité tant pour l’usager que les patrouilles travaillant sur place, une revalorisation du métier d’opérateur et une économie indéniable pour le client final au niveau des charges d’exploitation.






Vidéo et DAI dans les tunnels du Boulevard périphérique Nord de Lyon
Pour Laurent Pitek, directeur commercial chez I Process, ce projet de modernisation du système, conduit en 2010, a visé à mieux exploiter la vidéo et surtout la rendre davantage interopérable avec les autres systèmes, comme le SIGTC.
I Process, éditeur de logiciels, s’est peu à peu spécialisé dans le développement d'applications de supervision évoluées, et s’est orienté stratégiquement vers l'élaboration d'une gamme de logiciels de pilotage unifié des systèmes de sécurité, à l’occasion de la généralisation des réseaux IP. En se concentrant sur le développement de Systèmes d'Information Sûreté-Sécurité, cette société propose aujourd’hui, à ses clients, des applications qui prennent en compte leurs contraintes “métier”, parce que chaque marché requiert une réponse “sur-mesure”.


Les éditeurs de logiciels présents sur le marché depuis bientôt 10 ans
“Si les premiers systèmes de vidéosurveillance ont été déployés avec les outils d’exploitation fournis par les fabricants, une prise de conscience de l’importance des outils d’exploitation est peu à peu apparue, notamment avec l’avènement et la généralisation de l’IP et surtout depuis que les dispositifs de vidéosurveillance se sont déployés de façon significative”, explique Laurent Pitek, qui ajoute alors que, “progressivement, l’évolution fonctionnelle des logiciels est apparue indispensable pour faire face à une diversification des thèmes et à une valeur ajoutée attendue plus importante pour permettre une meilleure efficacité des opérateurs notamment.”
Ainsi, plus il y a d’équipements et plus les opérateurs ont besoin d’outils d’exploitation pensés de façon simple et ergonomique, tout en étant pourvus de fonctionnalités de plus en plus précises et ciblées.et de capteurs intelligents.


D’une fonction de base vers des fonctions de supervision et d’hypervision
Très vite, I Process s’est focalisé sur la problématique d’interopérabilité des équipementiers, avec un fonctionnel adapté aux attentes des opérateurs. Aussi, depuis 2008, face à une meilleure expérience des clients, à la connaissance qu’ont les bureaux d’étude sur les systèmes et l’analyse de l’évolution des besoins, les projets spécifient de plus en plus les fonctions attendues par certains métiers.
“La deuxième phase de notre développement a consisté à construire une plateforme de supervision générique, pouvant aussi bien s’adapter au marché de la vidéoprotection urbaine qu’au marché de la sécurisation des sites sensibles et des transports”, commente Laurent Pitek, ajoutant alors “aujourd'hui, on note que les clients et les maîtres d’ouvrage attendent des fonctions de plus en plus proches des contraintes métiers en matière d’exploitation. C’est la raison pour laquelle I Process reste concentré sur les outils d’exploitation et la supervision. En plus de l’intégration de fonctions métiers dans les applications de supervision, I Process peut, si le projet le nécessite, réaliser des développements spécifiques pour des clients particuliers, comme c’est le cas pour Openly avec l’intégration du SIGTC développé pour le groupe Vinci.”


L’exemple du temps réel :primordial pour la vidéoprotection urbaine et les opérateurs de transport
En temps réel, la première contrainte réside dans le fait d’avoir des outils très performants en matière d’exploitation graphique. Pour cela,
I Process a accordé une attention toute particulière à son outil de gestion cartographique. “Aujourd’hui, les exploitants de Centres de supervision urbaine (CSU) sont probablement les opérateurs les plus exigeants en matière d’exploitation cartographique avancée. De plus, face au grand nombre de caméras déployées, il devient indispensable d’intégrer des capteurs intelligents pour ne représenter que les images voire les sons les plus pertinents.
Ainsi, depuis 2008, plusieurs grandes villes s’intéressant à l’intelligence des systèmes, certaines ont déployé des systèmes d’analyse d’images ayant pour objectif, par exemple, la détection de stationnements de véhicules non autorisés. D’autres envisagent une corrélation de détection de l’analyse d’images avec une analyse sonore afin de pré-qualifier les changements de contextes, dans des lieux déterminés, via des détections automatiques, avant de présenter une information pertinente aux opérateurs.



Penser globalité aujourd’hui et demain

Aujourd’hui, I Process reste concentré sur la supervision, et adapte ses solutions aux métiers principaux de ses clients.

Du fait de la modernisation et de l’évolution de la gestion des villes et des services urbains, la mise en place de dispositifs de sécurité (Vidéosurveillance, DAI, etc) doit être pensée et conçue de façon plus globale, en impliquant les différents métiers et acteurs concernés. Ce que prennent déjà en compte certaines collectivités, en l’incluant dans leurs cahiers de clause technique particulières, lors d’appels d’offres.
Ainsi, en prévision du Championnat d'Europe UEFA de football 2016, par exemple, quelques communes, en parallèle de projets de construction de nouveaux stades, ont pour objectif de rendre les différents systèmes de sécurité interopérables avec ceux déjà déployés dans leur centre urbain, ainsi qu’avec d’autres services comme les transports autoroutiers et urbains, les aéroports, etc. L’objectif est donc de faire en sorte que tous les systèmes coopèrent entre eux, pour une meilleure gestion du « parcours du supporter » et de sa sécurité.


I Process travaille donc aujourd’hui sur l’intégration de fonctions métiers, en prenant en compte l’aspect vidéo, l’interconnexion des systèmes video partenaires ainsi que les autres systèmes techniques d’alarme ou d’information jouant un rôle dans l’approche globale, en matière de gestion de la sécurité. “Si on parle de la ville, j’entends, par exemple, la connexion de tous les systèmes anti intrusion dans les bâtiments publics, la connexion des panneaux à message variable déployés dans l’espace urbain, ainsi que tout autre type de média communicant en IP. La vidéo peut être l’outil d’exploitation principal auquel se retrouvent interconnectés d’autres systèmes déjà déployés.”
Aujourd’hui, les communes qui se tournent vers les solutions proposées par I Process sont des villes souhaitant apporter de l’intelligence à leur système existant, en le modernisant, ou désirant préparer l’avenir en construisant des systèmes les plus évolutifs possibles, ayant la capacité de s’interfacer avec les systèmes vidéo partenaires, cette convergence des systèmes permettant une meilleure gestion technique, humaine et budgétaire.

Et Laurent Pitek de conclure “Chez I Process, il n’y a pas trois solutions, mais un produit avec deux composantes essentielles : un serveur Ubicus temps réel dialoguant avec tous les équipements terrain (caméras ; alarmes…) communs à tous les marchés. Seules les interfaces d’exploitation vont changer (Ubicity/Ubitrafic/Ubisecurity) pour se conformer le mieux possible aux attentes des opérateurs.
En conclusion, si on considère le marché du transport urbain, par exemple, Ubitrafic permet au client l’utilisation du média caméra, au service des MOA directions d’exploitation des réseaux, directions commerciales, directions sûreté-sécurité, pour une meilleur gestion de la sécurité et de l’information des voyageurs par exemple. (imaginons une caméra déployée sur un arrêt de tramway capable, à un certain moment, de mesurer les files d’attente derrière les guichets automatisés, en plus des missions de sécurité) ”

Mercredi 30 Mars 2011
Virginie CADIEU


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