15/10/2009 2462 vues
Prévention situationnelle - Technoprotection
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Vidéosurveillance à Toulouse : débat de rigueurLe 24 juin, en réponse aux attaques dont il s'estimait faire l'objet et suite aux diverses agressions très médiatisées survenues à Toulouse récemment, le maire de la “ville rose”, Pierre Cohen, a organisé un grand débat sur le bien-fondé de l’évolution du dispositif de caméras de vidéosurveillance en ville.
Même si le maire PS de Toulouse (depuis 2008), Pierre Cohen, était à l’origine de cette forme originale de concertation, cette dernière a vu le jour sous la pression de l’opposition de la droite et de la préfecture qui, toutes deux, réclamaient une extension du dispositif existant dans la quatrième ville de France.
A l’inverse d’autres villes françaises qui ont préféré rédiger des chartes éthiques ou organiser des enquêtes publiques, Pierre Cohen souhaitait vivement s’entourer d’experts. “Cette audition complètement inédite a permis de poser clairement, sereinement et sans parti pris les enjeux liés au développement de la vidéosurveillance. Elle a clarifié le débat, informé les Toulousains présents et éclairé les élus sur les solutions qui pourraient être mises en œuvre dans notre ville”, a commenté le maire de Toulouse. Ce débat public sur l'efficacité de la vidéosurveillance contre l'insécurité en ville était donc nécessaire. Son objectif : mieux cerner les enjeux de la vidéosurveillance, prendre connaissance des solutions mises en œuvre dans d'autres villes, apprécier les résultats observés, soulever les questions éthiques… Pendant une journée entière, dix experts européens ont donc répondu aux questions des élus sur cette question épineuse qui divise la gauche et la droite. Des sociologues, universitaires, représentants de la sécurité urbaine, associations des droits de l'homme ont exposé leur expérience. Ils ont abordé différents aspects de la vidéosurveillance : juridiques, éthiques, fonctionnels, financiers ou encore technologiques. Actuellement, 24 caméras – héritage de la précédente municipalité de droite – sont opérationnelles dans le centre-ville de Toulouse, d’autres couvrent le périphérique et les deux lignes de métro. Les images sont traitées d’un poste de sécurité où travaillent une douzaine de personnes. - Le maire PS de Toulouse a ouvert la discussion mais, à son issue, reste sceptique sur la pertinence et la multiplication de caméras de vidéosurveillance en ville. “je ne suis pas contre à tout prix s’il s’avérait que des caméras soient réellement nécessaires et , surtout, 100 % efficaces. Mais, selon moi, la vidéosurveillance n'est pas “LA” réponse aux violences”, a déclaré Pierre Cohen. Le maire de la “Cité des violettes” reste néanmoins prudent sur les effets d'un tel dispositif, lequel semble susciter des bilans mitigés dans les villes qui en sont équipées. “La vidéosurveillance se transforme tout à coup en vidéoprotection pour le gouvernement”, dénonce Pierre Cohen. Même si le maire de Toulouse partait avec un a priori négatif, il a écouté attentivement les experts invités, comme Andrew Bayes, directeur adjoint de la Metropolitan Police de Londres ; Thomas Kober, directeur de la police de Mannheim, en Allemagne ; ou encore le préfet Jean-Louis Blanchou. Parmi les autres invités, Alex Türk, président de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) ; Michel Tubiana, président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme et M Marcus, délégué général de la FESU, spécialiste des questions de délinquance et de sécurité urbaine ont pu éclairer sa lanterne par leurs expériences avisées. Pour l’instant, Pierre Cohen continue de juger “très peu utiles” les caméras en place. “Le gouvernement affirme que c’est la solution (…) mais la vidéosurveillance n’est ni l’alpha ni l’oméga de la sécurité”, a conclu le maire. - La police nationale reste elle aussi dubitative. Pour elle, la vidéosurveillance n'est utile que si les images sont enregistrées et si les agressions constatées génèrent une intervention de police instantanée, dans les secondes qui suivent le délit. - Du côté de l'opposition municipale, Jean-Luc Moudenc continue de soutenir mordicus l’idée. Il a même fait de ce sujet son cheval de bataille. Jean-Luc Moudenc suit en cela les choix politiques du gouvernement et du ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux. L’ancien maire UMP de Toulouse (2004-2008), qui avait installé les premières caméras en 2007, met en avant l’effet dissuasif des caméras. Il prône une extension “à l’ensemble de la ville” pour combler “le retard pris par rapport aux grandes villes de France”. Par ailleurs, il défend également les patrouilles de nuit de la police municipale, alors que la majorité s'apprête à signer une nouvelle convention police municipale/police nationale, qui verra la fin des missions des policiers municipaux à minuit, contre 3 heures du matin actuellement. Toulouse restera tout de même l'une des rares grandes villes où la police municipale est présente dans les rues à une heure aussi avancée. Nécessaire et enrichissante, cette journée du 24 juin fera l'objet d'un rapport dont les conclusions seront communiquées aux membres du Contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD). La décision finale concernant l’éventuelle évolution du dispositif de vidéosurveillance existant sera ensuite débattue, en septembre prochain, en conseil municipal, où l’équipe de M. Cohen est largement majoritaire. Mardi 29 Juin 2010
Evelyne Guitard
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