Vidéosurveillance renforcée dans les écoles

Dans le cadre de la « sanctuarisation de l’école », le ministère de l’Intérieur veut renforcer la vidéosurveillance en milieu scolaire. A l’appui de cette décision : la multiplication des intrusions dans les établissements, qui augmentent à un rythme jugé « inquiétant ». Par ailleurs, et c’est nouveau, 15% de ces intrusions seraient le fait de personnes totalement extérieures aux établissements scolaires.



© laurent saccomano - Fotolia.com
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En Ile-de-France, l’accueil réservé à cette annonce a été mitigé. « Nous n’avons pas attendu les orientations ministérielles pour effectuer des diagnostics et évaluer nos besoins », souligne Elisabeth Gourevitch, vice-présidente de la région Ile-de-France, où plus de la moitié des établissements sont équipés. « Depuis mon arrivée en 1998, aux côtés de Jean-Paul Huchon, nous avons validé l’installation de 1600 caméras, et la vidéosurveillance représente 20% du budget total alloué à la sécurité dans les lycées », poursuit-elle.

Aussi, pour évaluer l’impact de la mise en place de systèmes vidéo, en 2007 elle a commandé une étude à l’IAU (Institut d’aménagement et d’urbanisme). Cette enquête menée dans 10 établissements franciliens a abouti à des conclusions décevantes : placées à l’entrée des lycées, les caméras n’empêchent pas les intrusions ; placées à l’intérieur elles n’empêchent pas les vols. « Les personnes qui veulent entrer dans les établissements où se trouvent des caméras trouvent d’autres entrées ou se fondent dans le flux des élèves. Parfois, la présence de caméras entraîne même un désinvestissement des équipes aux abords des établissements », souligne Tanguy Le Goff, l’auteur de l’étude.

La principale utilité de la vidéosurveillance serait donc rétroactive. Pour preuve, en mars dernier les caméras de vidéosurveillance en place dans un lycée de Gagny en Seine-St-Denis ont effectivement filmé l’intrusion d'une vingtaine de jeunes cagoulés, et abouti à l’interpellation de six personnes, sans toutefois agir comme outil de dissuasion. A terme, la ministre de l’Intérieur préconise d’ailleurs que les flux d’images soient reliés directement aux commissariats.

Au vu de ce rapport la Région a durci ses conditions d’autorisation de systèmes vidéo. « Nous refusons rarement des caméras, mais nous n’incitons pas non plus. Il faut que l’objectif soit clairement identifié, les procédures bien définies et que les élèves en soient très clairement informés. Cela peut se révéler utile par exemple pour la gestion des élèves dans de vieux bâtiments mal pensés du point de vue de la sécurité, mais nous refusons l’installation systématique dans les nouveaux établissements », explique-t-elle.

Vendredi 3 Juillet 2009
Virginie CADIEU



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